Jean-Claude Guillebaud,intellectuel érudit, philosophe, analyse la crise de la modernité en occident et nous donne des pistes utiles,la mort des idéologies, le marché, la société médiatique et d'autres encore, bien analysées avec des arguments solides.Là où son livre devient vraiment intéressant c'est quand il nous donne des pistes pour la spécificité française de cette crise (je cite):
"Chez nous, certains mots, certaines références sont à ce point connotés qu'ils sont difficilement utilisables.Le mot "famille", comme on le sait, participe à son corps défendant du pétainisme.Sur la "ruralité" pèse un même soupçon heideggerien et nationaliste."etc etc, On ne s'y aventure plus qu'avec d'infinies précautions, beaucoup d'ironie et un rien de condescendance.Dans la plupart des débats contemporains, la connotation l'emporte donc sur le sens, et la symbolique triomphe du contenu.C'est une fatalité détestable, une idéologisation soupçonneuse du débat, l'affermage abusif de certaines valeurs à certains partis".Première conséquence, dit Guillebaud, les interrogations les plus pertinentes sur la modernité sont difficiles à formuler en France, donc le débat est presque impossible, réduit plutôt à des querelles qu'à un débat sérieux sur la modernité.
Un livre à lire et à méditer, car il foisonne de pistes, de bonnes questions à se poser.