Je suis d'accord que le livre est passionnant (je l'ai lu en Anglais), intéressant du point de vue scientifique (je connais bien la culture cellulaire, mais je ne m'étais jamais posé la question de la provenance de ces diverses cellules, et les propriétés si étonnantes de HeLa m'étaient inconnues.
Comme dit Calli dans son commentaire, le livre soulève beaucoup de questions, et ne peut répondre que très partiellement. Mais je ne lui reprocherai pas ça, ce n'est pas le but du livre!
Certes, les détails sur toute la famille (les frasques, les frères et fils qui vont en taule) sont parfois un peu fatigants. Néanmoins, ça constitue une partie importante du livre que de montrer la cohérence - contre toute attente - de cette famille, une solidarité que nous connaissons rarement, surtout ici en Europe, et entre les "Blancs"...
Rebecca a, en plus, il semble, réussi, avec son acharnement, de réunir la famille encore plus, de "réformer" Zaccharyyia, et d'apporter une reconnaissance posthume à Henriette; tout cela apporte une deuxième facette au livre qui ne lui enlève rien de son importance.
Ma seule critique (d'où les 4 étoiles seulement): il manque un peu de distance de l'auteure par rapport au sujet: que les études de Hopkins à l'époque n'étaient pas toujours bien éthiques, c'est évident. Mais en ce qui concerne le cas Henrietta, ni l'hôpital ni le Dr Gey n'ont RIEN à se reprocher. Henrietta n'a RIEN contribué à la science, elle n'a pas "sacrifié" quoi que ce soit, le prélèvement ne lui a pas fait plus mal que tous ces tumeurs et autres syphilis l'ont déjà fait. Elle n'était pour strictement rien que ses cellules étaient si spéciales. Vu qu'elle avait été traitée (avec les moyens et connaissances de l'époque) gratuitement, je ne vois pas en quoi la famille pourrait prétendre avoir été lésée, mal considérée. Le livre présente Henriette (et sa famille) un peu trop comme des victimes, à mon goût.