Il ne saurait évidemment ici être question d'une critique du texte de Lao Zi, tant celui-ci est fondamental et demeure d'une stupéfiante actualité (Unicité, écologisme, simplicité,')
Mes humbles remarques porteront plutôt sur la traduction de ce texte millénaire'
Ce livre était la référence conseillée par mon enseignante aux Langues O et il a en effet trois mérites :
1. Il reproduit le texte chinois sur la page de gauche
2. Il tente de retranscrire l'allure poétique du texte
3. Il offre une traduction honnête
Ceci étant souligné, il manque à ce texte un commentaire pointu quant aux différents choix effectués. Une traduction du Daode Jing ' le choix, pour un idéogramme donné, d'un sens plutôt que d'un autre ' aura en effet nécessairement la forme du traducteur' et c'est pourquoi il ne s'agira pas du Tao !
Cela est particulièrement agaçant lorsque la traduction proposée ressemble furieusement à du chinois. Comment par exemple expliquer les « En ce toujours-n'étant considérons le Germe » ou « En ce toujours étant, considérons le Terme » du premier chapitre ? Essayer de limiter le nombre de mots est une chose mais quel intérêt si l'on y comprend rien ? Sur ces deux phrases, les autres traductions seront généralement plus limpides, voir le site www.daodejing.fr
Les auteurs n'échappent pas non plus à un certain nombre de contre-sens :
- Au chapitre 4, « La Voie est comme un bol vide que nul usage ne comble » alors que « chong » (l'interface n'accepte apparemment pas les caractères chinois) renvoie plutôt à l'idée d'un bouillonnement, d'un flux d'activité ou d'énergie entrant en collision, d'une sorte de soupe cosmique d'où tout surgirait. Comment le vide pourrait-il d'ailleurs produire toute chose ? A noter aussi qu'il n'est nulle part question de « bol »
- Au chapitre 7. « Le Sage met son corps derrière. On le place devant. » n'est pas faux en soi mais néanmoins par trop simpliste par rapport aux autres possibilités. « Shen » signifie en effet bien corps mais aussi personne, vie, statut, soi-même, personnellement ou le caractère moral et la conduite de quelqu'un, la dernière. Or il est question dans ce chapitre du comportement du Sage ou du Saint.
Au final, ce texte demeure recommandable mais ne saurait suffire à la compréhension du Tao et des fulgurances de Lao Zi.
Cordialement,