"La Voie du Sabre" est un court roman adapté d'un nouvelle précédemment parue en 1998 dans le recueil
Fées & Gestes de André-François Ruaud. En fait, là où la nouvelle s'arrêtait page 119 après l'attaque du village de pêcheur par l'armée de l'Empereur, le roman poursuit la narration des aventures de Mikédi dans ce Japon médiéval imprégné de fantasy, jusqu'à sa rencontre avec la reine. Ce sont donc deux nouveaux "rouleaux" ("Les braises de l'enseignement", "L'incendie sous l'horizon") qui sont ajoutés ici.
Mais, alors que la première partie du roman prend le temps de mettre en place le décor, les personnages, leur caractère et leur philosophie, la suite expose trop d'événements en trop peu de pages. Si, dans un format court, l'aspect "conte" est séduisant, dans le roman, le nombre de pages est insuffisant pour décrire l'histoire avec soin. La plupart du temps, on a l'impression de voler au-dessus du texte sans vraiment avoir le temps de s'intéresser aux péripéties. La pagination, très aérée, n'enlève rien à cette situation : les feuilles se tournent à toute vitesse !
Et c'est bien dommage parce que de nombreux passages, s'ils avaient été exploités, auraient pu être aussi forts que les images suggérées par les descriptions des monstres de Shô, ou celles de la fabrication du sabre de Musashi à partir de métal météoritique. Quant aux six années de voyage en Europe résumées en trois pages, on croirait revenue la façon de conclure la nouvelle originale, ce qui n'est pas adapté au roman.
Alors même si le sujet est passionnant, même si le texte se lit d'une traite, là où la nouvelle était excellente parce qu'elle développait somptueusement les premiers moments de Mikédi sous la tutelle de Musashi, le roman est décevant parce qu'il veut raconter trop de choses, trop vite.