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Commentaires client les plus utiles
29 internautes sur 30 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
Le retour du "critique dans un souterrain",
Par
Ce commentaire fait référence à cette édition : La Voix méconnue du réel (Broché)
Ce livre récent, paru en 2002, est susceptible de passionner tous les lecteurs de Girard qui sont à l'affût de ses interprétations de textes littéraires et philosophiques. Il s'agit d'un recueil de textes inédits en français, dont certains datent des années 1970. Personnellement, j'ai été captivé par les deux textes consacrés à Nietzsche : l'argumentation y est fine et convaincante, éclairante, alors que dans un essai de 1999, JE VOIS SATAN TOMBER COMME L'ECLAIR, René Girard professait un anti-nietzschéisme à mes yeux excessif, parfois simpliste, au point de m'avoir mis mal à l'aise. Ce que Girard, dans LA VOIX MECONNUE DU REEL, écrit sur la rivalité entre penseurs ou entre grands artistes pour conquérir "la suprématie dans le monde culturel" (en analysant l'évolution de la relation Nietzsche-Wagner) fournit des clés très utiles pour comprendre le fonctionnement de la "vie culturelle" à différents moments de l'histoire, mais aussi pour comprendre ce que chacun d'entre nous éprouve périodiquement dans sa propre vie, sous la forme de ce qu'on appelle la confiance en soi ou le manque de confiance en soi. On en sait un peu plus sur les réalités que recouvrait ou que masquait la notion de "surhomme", et on se connaît un peu mieux soi-même : en analysant les relations intersubjectives dans un certain nombre de textes de fiction, MENSONGE ROMANTIQUE ET VERITE ROMANESQUE produisait déjà sur ses lecteurs une impression du même genre, aussi durable. Parmi les autres sujets abordés dans LA VOIX MECONNUE DU REEL : l'essence du comique, dans un texte où Girard met à contribution Molière et Bergson ; la peste dans la littérature ; et la question : les Evangiles sont-ils antisémites ? Après avoir lu ce dernier texte, on pourra éventuellement partir (sur Internet) à la recherche d'un entretien où Girard s'est exprimé longuement sur le film de Mel Gibson... Il n'est pas nécessaire d'approuver Girard sur tout, mais il serait dommage de manquer les textes où sa réflexion peut nous aider à mieux lire, et à mieux vivre.
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9 internautes sur 9 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
la voix méconnue du réel,
Par
Ce commentaire fait référence à cette édition : La Voix méconnue du réel (Poche)
Encore un très joli livre de René Girard. Il rassemble les traductions de plusieurs articles parus en langue anglaise. Les sujets abordés sont très variés (les mythes, la peste, l'antisémitisme, le rire et la comédie, Nietzsche, Dostoïevski, etc.). Mais ce sont bien sûr tous des champs d'application de l'anthropologie girardienne.Tous ces petits essais sont certainement plus compréhensibles si on a déjà une certaine connaissance de la théorie mimétique. Mais comme ce livre est court, on peut envisager d'aborder la théorie mimétique par ce recueil pour en avoir un aperçu, quitte à y revenir plus tard, après avoir lu les livres fondateurs comme « mensonge romantique et vérité romanesque », « la violence et le sacré » ou « des choses cachées depuis la fondation du monde ». Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
7 internautes sur 8 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
Le meilleur de René Girard,
Par Latour07 (Paris, France) - Voir tous mes commentaires (#1 CRITIQUE au Tableau d'HONNEUR) (TOP 500 COMMENTATEURS) (TESTEURS)
Ce commentaire fait référence à cette édition : La Voix méconnue du réel (Broché)
J'ai lu et apprécié avec passion tous les ouvrages de René Girard. J'ai également eu cette grande chance de pouvoir assister à plusieurs conférences de cet auteur qui a marqué tant la littérature que la psychologie, la religion et l'économie à la fin du XX° siècle.A la faveur de plusieurs interventions, qui construisent cet ouvrage, nous apprécions à la volée les thèses et pensées défendues : - Les penseurs modernes qui se présentent en démythificateurs ne pensent pas au ressentiment, dont le mimétisme s'inspirera comme une maladie contagieuse. - au sujet des mythes : pourquoi tant de violence à l'origine ? pourquoi le meurtre originel ? Selon René Girard, le sacrifice est un "meurtre nécessaire", et par cette qualité même, présente un moindre mal pour l'organisation civile / civilisée de la cité. Car l'homme, à la différence de l'animal, imite toujours la violence de l'autre en le regardant permettant ainsi la réciprocité. Les animaux ne se regardent pas. Les hommes se regardent. La violence est donc contagieuse. Le mimétisme abandonne le tous-contre-le-tous pour le tous-sur-un. Les sacrifices offrent alors la faculté de se réconcilier (Hobbes). les sacrifices-meurtres sont nécessaires, dans cette configuration culturelle, pour sortir de la crise ; jusqu'à l'émergence d'une nouvelle crise requérant un nouveau sacrifice. - Platon est contre les "poètes" car il avait compris que derrière les tragiques se cachaient les histoires fondatrices de la Cité. Refuser aux "poètes" la connaissance de la vérité, c'est l'interdit platonicien. Platon refusait la violence religieuse. Il craignait qu'elle ne se déchaînat. L'essentiel était de cacher cette violence fondatrice ; tendance que les mythes utilise abondamment en maquillant le meurtre au départ de la Cité (Oedipe / son lynchage). La science a pour vocation d'étudier la répétition (des lynchages) et dévoiler la nature de la catharsis (Aristote) : la violence impressionne tellement qu'elle repousse la violence et l'assagit. La science est civilisatrice. - A partir de la Passion du Christ, on ne peut plus croire au mythe qui culpabilise la victime, qui est innocente - thèse brillamment développée dans "Je vois Satan tomber comme l'éclair". Un très grand ouvrage où profondeur et clarté se rendent un mutuel hommage. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
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