J'ai revu ce film avec beaucoup de plaisir et avec le regard ironique de celui qui ne veut pas laisser manger sa vie personnelle par son travail. A l'heure où la révolution numérique permet de se connecter nuit et jour et de travailler de chez soi, on revoit avec sourire ces anciens films des années 70 aux téléphones à fil gris qui mettent en situation des personnes dont les motivations sont les mêmes que les nôtres.
Dans ce film, de facture très claissique quant au format de la comédie, nous voyons face à face un industriel horrible mais amoureux de son épouse, obliger celle-ci à faire de la place dans leur maison pour installer du matériel industriel afin de faire face à une grosse commande. Ce postulat de départ permet de mettre en place toute une série de gags visuels (la cérémonie des chèques de fin de mois, le gâteau d'anniversaire sur chariot élévateur,...). Sur le fond, ce couple tient le coup par les liens qui l'unissent mais c'est assez limite. Face au génie inventif de son mari, et pour le calmer, Bernadette Ducau-Lacaze se lance dans la politique aux éléctions municipales contre son mari, maire de la ville. Le film prend alors une dimension intéressante dans la confrontation vie publique / vie privée qui se rajoute à celle vie privée / vie professionnelle. Même si la fin laisse penser à une éventuelle suite, j'ai bien aimé le traitement des moutons teints sur pied !
Le tandem Girardot / De Funès fonctionne bien avec un De Funès moins excité que pour de précédents films et fidèle à l'image caricaturale de patron salaud et retors qu'il aimait donner pour ses rôles. De sa propre bouche, il adorait ces personnages hypocrites lâches avec les forts et odieux avec les faibles car ils permettaient de mettre en scène des personnalités contrastées.