Lazare Vilain, professeur de philosophie, est engagé pour enseigner sa discipline à des taulards dans le cadre d'un programme de réinsertion. Ami de deux vieux boxers un peu à la coule, Momo et Rocky, il rencontre un certain Riccioli qui le pousse à faire entrer d'étranges enveloppes dans la prison. Il tombe amoureux de la belle Leïla, qui enseigne le piano à l'intérieur de la prison... Mais peu à peu, il découvre qu'il a mis le doigt dans un engrenage qui risque de l'emmener bien plus loin qu'il ne le souhaite.
Très noir, ce roman policier basé sur une situation pour le moins originale, l'introduction de la philosophie dans des cervelles plus ou moins illettrées de gangsters, voyous et malfrats. Après « la philosophie à coups de marteau » de Nietzsche, voici « la métaphysique à coups de mandales » de Guyard qui, étant un spécialiste en la matière, s'en donne à coeur joie à nous raconter des cours fort peu conventionnels. Ca sent le vécu et rien ne nous est épargné de l'univers carcéral, ni le bruit, ni les odeurs, ni la violence ! Guyard use d'un style argotique et truculent, plein de trouvailles langagières qui a plus à voir avec un Boudard ou un San Antonio qu'avec un L.F. Céline. L'intrigue est intéressante mais emberlificotée à souhait et entrelardée de quelques invraisemblances que l'on pourra pardonner tant ce bouquin apporte de plaisir de lecture non par son histoire policière un peu tirée par les cheveux, mais par une prose aux envolées parfois bluffantes.