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On ne sort pas indemne des spectacles de Zingaro. Mêlant chevaux, musiciens, artistes et acrobates, ils sont chargés d'un érotisme puissant indissociable de la violence, et dégagent une énergie et une démesure folles. Au coeur du dispositif, le cheval, complice de l'homme, porteur de rêves, entre force et fragilité. Pionnier d'une expression nouvelle, Bartabas est à la tête d'une quarantaine d'hommes et de femmes (et autant de chevaux) qui vivent ensemble à Aubervilliers. À chaque spectacle, il cherche à atteindre la grâce, cet état fugitif toujours remis en question. En quête d'expériences et de rencontres inattendues, il invite régulièrement des artistes étrangers à venir travailler avec lui (récemment autour de l'Inde et de la Corée).
Ethno-scénologue (elle étudie la science des formes spectaculaires), spécialiste de Zingaro depuis une quinzaine d'années, Françoise Gründ retrace l'histoire de ce théâtre équestre des années 1980 jusqu'à maintenant à travers une analyse détaillée et abondamment illustrée de chaque spectacle. Elle signe là un très beau texte. --Sylvie Lécallier
Présentation de l'éditeur
Zingaro c'est d'abord l'histoire d'une immense complicité entre un homme, Bartabas et ses chevaux. Plus qu'un "murmureur", Bartabas se confond avec eux, jusqu'à devenir centaure. Pionnier d'un art nouveau, mêlant habilement et intuitivement chevaux, musiciens, artistes et acrobates, Bartabas invente une nouvelle forme théâtrale, le théâtre équestre. A travers les chevaux, les musiques du monde - Musique du Rajasthan pour Chimère en 1994, musique traditionnelle coréenne pour Eclipse en 1997 - et la mise en scène presque ritualiste des spectacles, Zingaro fait appel à nos racines, à notre lien profond avec la terre et les éléments. La troupe constituée d'une quarantaine de personnes d'âges et de milieux différents, et d'autant de chevaux, vit en semi-nomadisme dans des roulottes à Aubervilliers. A l'occasion de Triptyk, le nouveau spectacle de l'an 2000, les chevaux danseront pour la première fois sur une musique enregistrée, Le sacre du Printemps et La symphonie des Psaumes de Stravinsky, ainsi qu'une pièce pour clarinette de Pierre Boulez, Dialogue de l'ombre double.