Iza, fille unique et trop aimée de Vince et Etelka Szöcs. Iza, belle et lointaine, intelligente, brillante, volontaire : une femme moderne, pressée, efficace, organisée dans sa famille, dans sa profession, dans ses amours' Est-elle aussi parfaite à travers le prisme des regards croisés de ses parents, de son ex-mari, de son amant ?
Nous sommes en Hongrie en 1960. Le vieux Vince meurt d'un cancer à l'hôpital de sa petite ville de province. Etelka attend dans la maison familiale. Elle attend qu'on vienne la chercher pour un dernier adieu à son cher Vince. Elle ne verra qu'un cercueil ! Iza a tout organisé comme « un bon petit soldat » : les obsèques, la vente de la maison. Sa mère viendra habiter chez elle à Budapest où « elle pourra se reposer. » En fait, Etelka se retrouve désoeuvrée, perdue sans ses objets familiers, perdue dans cette ville trépidante qu'est devenue Budapest. On ne lui demande ni ses envies, ni son avis. « Pourtant, chaque jour elle se racontait Iza qui ne l'avait pas laissée seule dans la vieille maison, qui avait tout réglé à sa place, qui s'était chargée de tout, qui s'occupait d'elle et la comblait. » Etelka dépérit, se fane, se tait, s'absente dans ses souvenirs. Iza n'entend rien changer dans sa vie de femme active. Entre les deux femmes, un fossé se creuse et elles sont soulagées de se séparer quand Etelka repart vers son village. La fin sera atroce.
Un roman riche, bouleversant. Une histoire que l'on emporte au fond de soi une fois le livre fermé.