Il peut paraître intéressant de relire, quarante ans plus tard, une des oeuvres majeures du meilleur des écrivains de ce qui fut appelé, dans les années 1960-1970, le mouvement littéraire du "Nouveau Roman". Courant d'écriture qui se caractérisait par la contestation des deux fondements principaux du roman traditionnel: le récit et les personnages. D'autant plus intéressant que l'auteur de la bataille de Pharsale, CLAUDE SIMON, a depuis été récompensé, à juste titre, du prix nobel de littérature, en 1985.
Nous sommes en présence d'un texte à priori très surprenant par son aspect foisonnant, discontinu, et déstructuré. Néanmoins,des modes de reprises de termes entre les paragraphes, de figures où dominent les différentes formes d'antithèses représentant l'âpreté des différentes batailles,de thèmes, notamment la symphonie contrastée des couleurs, ou le thème de la présence obsédante de la mer, contribuent à inscrire l'ensemble du livre sous la dominante du conflit.
Le roman dessine ainsi différentes figures de la contestation dont la moindre n'est pas celle d'une remise en cause totale d'une certain vision du réel, basée sur la transparence des signes. L'opacité de l'écriture simonienne aboutit à dénoncer au plus haut point la machinerie sociale basée sur la seule circulation débridée des biens et de leurs images.
La bataille de Pharsale est donc, et d'abord, le récit d'une guerre contre nos Représentations.