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Une redéfinition de la Renaissance, voici ce à quoi s'attèle avec brio Jean Delumeau, déjà responsable d'une histoire de
La Peur en Occident qui a fait date. Pour ce faire, l'historien superpose trois angles d'approche pour restituer cette période comprise entre l'âge des cathédrales et le Grand Siècle de Louis XIV : une approche historique ; une approche socioéconomique qui fait revivre la Renaissance dans ses réalités concrètes ; une approche idéologique, à même de cerner les mentalités et les aspirations de la population.
Sans négliger le mouvement humaniste, les grandes découvertes, l'essor de l'imprimerie, du commerce, des villes et des transports, Jean Delumeau brosse le portrait d'une Renaissance complexe et qu'il qualifie justement d'"océan de contradictions".
Au terme d'une lecture foisonnante et toujours passionnante surgit une Renaissance certes moins dorée, plus sombre que l'imagerie traditionnelle, mais aux enjeux étonnamment contemporains. --Sylvain Lefort
Quatrième de couverture
Il n'y a pas, contrairement à une opinion longtemps accréditée, de coupure brutale entre la Rennaissance et le Moyen Age. Sa jeunesse, son dynamisme, sa volonté de renouveau ne l'opposent pas plus au monde médiéval qu'ils ne la relient à celui de l'Antiquité retrouvée. Déjà Burckhardt, qui négligeait l'économie, l'essentiel, une rennaissance de l'Antiquité. On mesure mieux la vérité de ce jugement aujourd'hui où l'histoire restitue aux faits économiques la place qui leur revient. Le retour à l'Antiquité n'a été pour rien dans l'invention de l'imprimerie, de la lettre de change ou de la caravelle, et il ne saurait expliquer la science picturale d'un Van Eyek ou les études de perspective d'un Léonard de Vinci. Il reste vrai cependant que l'Italie, par ces humanistes, par ses artistes, par ses hommes d'affaires, par ses ingénieurs a été le pays d'avant-garde et le principale responsable de l'essor européen. L'auteur s'est résolu,faute de mieux, à consacré par l'usage, mais il doit être bien entendu que le mot Renaissance n'est plus acceptable dans son sens originel. Il ne saurait signifier, dans le cadre d'une histoire totale, que la promotion de l'Occident à l'époque où la civilisation de l'Europe a, de façon décisive, distancé les civilisations parallèles. Pourquoi et comment cette montée de l'0ccidennt a-t-elle élaboré une civilisation qui s'est imposée au monde entier ? Telle est la question à laquelle s'efforce de répondre ce livre.