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Commentaires client les plus utiles
8 internautes sur 8 ont trouvé ce commentaire utile
4.0 étoiles sur 5
le film noir qui allait dessiner les premiers contours du genre (1),
Par
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Ce commentaire fait référence à cette édition : La clé de verre (DVD)
A ma grande honte, je connais davantage le genre noir cinématographique que sa littérature. Pour preuve, j'ai toujours entendu parler de Dashiell Hammett mais n'ai encore rien lu de lui (parcontre, je n'ai pas manqué de voir quelques adaptations, comme Le Faucon Maltais de John Huston. Je pourrais en dire autant pour James M. Cain ou Raymond Chandler).La Clé de Verre (The Glass Key) est une adaptation de l'écrivain spécialiste des "hard-boiled" (durs à cuir), le père du genre... Ce film noir fut réalisé en 1942. Ce qui me fascine dans le genre noir, c'est le ton de l'ensemble, servi par un important travail sur le contraste des lumières, ces éclairages qui peuvent évoquer les sentiments des individus, leurs angoisses, l'atmosphère oppressante d'une situation donnée. C'est aussi le regard désabusé d'anti-héros. La question du bien et du mal est toujours là (mensonges, trahisons, lâchetés, adultères, meurtres, médiocrités, coups bas...) mais elle est traitée de façon ambigüe, sournoise. Les frontières ne sont pas toujours très claires. Dans le film noir, il y a des gris partout. Le coupable n'est pas toujours celui qu'on croit. Et l'innocent n'est pas si innocent que ça... Enfin, ce genre propre à l'âge d'or du cinéma hollywoodien s'inscrit dans un contexte particulier : l'Amérique des années 40. L'Amérique en guerre, l'Amérique qui doute, l'Amérique qui a peur. Ce qui frappe dans ce film de Stuart Heisler, ce sont les personnages, ces acteurs mythiques que furent Alan Ladd et Veronica Lake (dont ce fut leur premier grand rôle avant de tourner dans Tueur à Gages de Frank Tuttle et Le Dahlia Bleu de George Marshall). Il faut dire que, mine de rien, ils le crèvent bien l'écran. Comment oublier par exemple ce jeu de séduction, tout au début du film. Regards croisés, regards obliques. Veronica Lake en vamp séductrice, pas loin de la femme fatale, Alan Ladd, visage impassible, dévoilant si peu de choses sur son identité... (un film adapté d'un roman de Dashiell Hammett, nous précise Philippe Labro dans les bonus, est réussi lorsque,justement, il ne dévoile rien des sentiments et des pensées de ses personnages - pas de voix off, pas de commentaire - seulement ce qu'ils font et ce qu'ils disent, comme dans le roman. Ici, c'est le jeu des lumières qui est sensés dévoiler les secrets, éclairer les motivations les plus intimes...) L'histoire est compliquée (mais pas autant que dans Le Grand Sommeil et La Griffe du Passé, deux fleurons du genre) et c'est avec un certain plaisir que l'on suit ce récit haletant monté sur un scénario hyper efficace. Je ne raconterai pas grand chose, sauf que c'est l'histoire d'un meurtre sordide, pendant la préparation d'élections municipales... Les hommes politiques sont égratignés; De petites scènes d'anthologie ont fait mon bonheur, comme celle dans la chambre d'hôpital avec Alan Ladd et la belle infirmière, brune et pulpeuse (la vraie pin-up comme les GI en dessinaient sur leur carlingue à cette époque, ça mérite d'être souligné, et non, ce n'est pas Veronica Lake, plus froide, à qui je pensais, mais à Frances Gifford...). Bref, de belles scènes, des rebondissements à la pelle, un film qui allait dessiner les premiers contours du genre (la femme fatale, le meurtre, une enquête, la recherche de la vérité, etc...). Un petit chef d'oeuvre à voir et revoir. (1) avec le Faucon Maltais (Maltese Falcon) de John Huston, réalisé l'année précédente. Pour plus d'infos sur les films noirs, voir ma listmania. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile
4.0 étoiles sur 5
Un beau film noir autour du couple mythique Alan Ladd/Veronica Lake,
Par Jean LE GOFF (Paris, France) - Voir tous mes commentaires (COMMENTATEUR DU HALL DHONNEUR) (TESTEURS) (TOP 50 COMMENTATEURS)
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Ce commentaire fait référence à cette édition : La clé de verre (DVD)
Le roman de Dashiell Hammett, la clé de verre, a fait l'objet de plusieurs adaptations au cinéma. Celle de Stuart Heisler, tournée en 1942, marque un tournant du film noir, par le regard désabusé porté sur toutes les institutions publiques et la cruauté des personnages.Un puissant agent électoral, Paul Madvig (Brian Donlevy) décide de soutenir la candidature du candidat réformateur Ralph Henry. Il n'agit pas du tout par idéalisme, mais dans l'espoir de conquérir la fille de l'homme politique (Veronica Lake). Ce revirement l'oblige à rompre avec Nick Varna, gérant de salles de jeux corrompu que le programme de Ralph Henry met en danger. L'adjoint fidèle de Paul Madvig, Beaumont (Alan Ladd) ne voit pas tout cela d'un bon aeil, mais suit les ordres de son chef. Les choses se compliquent lorsque Taylor Henry, le fils de l'homme politique, est retrouvé assassiné. Il devait beaucoup d'argent à Varna au titre de dettes de jeu et était l'amant de la jeune saeur de Paul Madvig. Lorsque Paul Madvig est soupçonné du meurtre, son adjoint fait tout pour le défendre mais se fait enlever et torturer par la bande de Varna. C'est un film profondément noir. Toutes les institutions en prennent pour leur grade. La clé de verre décrit des politiciens corrompus, prêts à tout pour remporter les élections, un district attorney veule sous la coupe des lobbyistes, un patron de presse aux abois prêt à répandre de fausses nouvelles pour sauver son journal... Le film comprend des scènes très dures, de violence et de torture. La scène de la femme du patron de presse trompant ostensiblement son mari avec Alan Ladd devant lui et provoquant son suicide est particulièrement cruelle. Le réalisateur arrive à donner le change et à rendre le film supportable en y injectant de grandes doses d'humour et en maintenant un sentiment de fidélité dans le film, celui d'Alan Ladd envers son boss, au milieu d'un ensemble de compromissions et de trahisons. La critique est partagée. Le film est descendu en flammes par Tarvernier et Coursodon qui lui reprochent son infidélité au roman de Dashiell Hammett. Le reproche n'est pas plus étayé et demeure sans fondement dès lors que le degré de fidélité au roman qui a pu l'inspirer n'est pas un critère de qualité pertinent d'un film. Noël Simsolo (Le film noir, éd. Cahiers du cinéma) considère à juste titre que si cette nouvelle version de la Clé de verre est moins fidèle à la lettre du roman, elle reproduit mieux l'univers de Hammett en insistant sur l'amoralité de la plupart des protagonistes. Comme le note Noël Simsolo, ce film marque une rupture et constitue une matrice du film noir. Il a d'ailleurs influencé de nombreux cinéastes, Jean-Pierre Melville qui en cite des scènes dans le Samouraï ou Kurosawa. La Clé de verre rassemble un tandem d'acteurs mythique qui irradie le film comme le met en valeur Ralingue dans son commentaire sur Amazon, Alan Ladd et Veronica Lake, réunis ici pour la deuxième fois après This Gun for Hire (Tueur à gages, 1942), de Frank Tuttle : Alan Ladd donne sa singularité au personnage de Beaumont par un jeu glaçant et Veronica Lake joue à la perfection la femme fatale. L'élégance de leur couple dans le film ne laisse pas présager leur destin respectif tragique. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
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