Mihaly Csiksentmihalyi, chercheur ayant écrit notamment
Vivre : La psychologie du bonheurs'attaque ici à la question de la créativité. Et il ne s'agit pas de créativité individuelle, en tout cas pas en priorité, mais de créativité efficace, c'est-à-dire ayant réussi à avoir un impact sur la société. En gros, des créatifs ayant réussi. Ce qui est un choix méthodologiques qui, si il peut poser question, permet notamment d'inscrire cette question de la créativité dans le cadre social plus large du milieu et du domaine (scientifique, artistique, politique, peu importe). Et les observations qui en découlent me semblent très intéressantes et permettent de sortir du mythe du génie créateur isolé et de montrer que la créativité s'inscrit toujours dans un cadre social. A partir de là, on analyse les divers aspects de la créativité, dans différents domaines, au fil d'une carrière. C'est intéressant mais je ne peux pas m'enlever de l'idée qu'il manque un petit quelque chose dans la synthèse de toutes ces données, un déclic, un regard qu'on trouvait dans les précédents ouvrages de l'auteur. Ceci étant, les deux dernières parties sont par contre absolument passionnantes, puisqu'elles abordent la créativité personnelle, mais surtout la responsabilité des individus créatifs par rapport à leur impact sur la société (et pas seulement leur domaine/discipline). Et cette question de la place de la créativité et des manières de choisir les éléments créatifs en fonction du devenir de la société et non d'une marche en avant permanente et irréfléchie de toutes les disciplines me semble tout à fait essentielle.