Michel Aglietta résume avec clarté la mécanique spéculative de la dette à l'origine de la crise, américaine, des subprimes, d'une ingénierie financière débridée sans contrôle, opaque, destructrice de valeur.
Ses recommandations sont sensées; à commencer par la redéfinition indispensable de la mission de la Banque Centrale Européenne, dont les statuts respirent trop l'air (vicié) du libéralisme.
"A partir de la désinflation des années quatre-vingt, s'est imposée en même temps que l'indépendance des banques centrales, une doctrine dite monétariste qui stipulait que la seule mission de la banque centrale était de garantir la stabilité des prix. Or non seulement la stabilité des prix ne stabilise pas la finance, mais elle conduit les agents privés à prendre plus de risques et elle entraîne des taux d'intérêt pls bas et plus stables, ce qui encourage le développement du crédit.
Donc, si la stabilité de la valeur de la monnaie est inapte à prévenir des mouvements erratiques de la finance, il faut inventer un autre outil qui soit compatible avec une économie de marché. La provision de capital dynamique imposée à toutes les banques est ce second outil de régulation macroéconomique qu'il reviendra aux banques centrales de faire respecter et qui garantira les banques contre le risque d'aveuglement quand elles surfent sur une vague d'euphorie."
Les propos du professeur d'économie Aglietta ont pris, indirectement ou non, du poids au regard de la gestion avisée de Groupama, dont il est un conseil, seule institution financière de la Place à ne pas avoir investi dans les produits subprimes ni monolines et autres réhausseurs de crédit.