Surtout si l'on prête bien attention au fameux article La Beauté du mort, écrit par Michel de Certeau avec Dominique Julia & Jacques Revel.
Comment croire plus longtemps que culture des élites et culture populaire forment 2 entités différenciées, se singularisant l'une par rapport à l'autre? Sans doute la question des divers "habitus" aura, comme à l'accoutumée, tôt fait de clore le débat.
Mais cette prise de parole certalienne arrivait alors à point nommé pour proposer une alternative à un schème explicatif univoque ou déni du sujet et compartimentage socio-spatial - et j'oublie là de nbx autres raccourcis - enchaînaient le questionnement historique et épistémologique au pilori d'un structuralisme encore vigoureux.
L'appropriation par les élites d'un folk/lore ("culture populaire")afin d'enraciner ses pratiques dans un "sol" légitimant et immuable - la mythique autochtonie paysanne - et l'irrésistible séduction que générait déjà en cette fin de XIXe s. le thème d'un "retour à la terre" (Méline),ont , à petit feu, eu raison de l'essence inconsciente et orale de la fraction la plus large de la population d'alors, au moment même où, facteur aggravant, nombre de ses fils rejoignaient le prolétariat des faubourgs.
La Beauté du mort, c'est cela même: la lente agonie d'un "folk" dont les élites récupèrent les derniers soupirs dans le but de donner du souffle à leurs prétentions socio-culturelles. Mais ce phénomène ne se vérifie-t-il pas tout au long de l'évolution de l'humanité?
Robert Mandrou lui-même ne s'en remit pas en son temps... (certains comprendront). Très bonne lecture des autres articles - tous aussi lumineux et personnels - également!