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La dévastation : Qu'avons-nous fait en Afghanistan ? Broché – 27 septembre 2012


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Extrait

Extrait du prologue

Zobair, un garçon d'Afghanistan

Le printemps arrive, il commence à faire doux. Bientôt la montagne fière cachera le soleil. Assis près de sa maison, Zobair discute avec quatre de ses cousins. Il a 14 ans, les autres 16 et 18. De quoi parlent-ils ? On ne le sait pas. Ici, à Tagab, les gens vivent sous les feux réguliers des insurgés et de l'armée française stationnée tout près. Il y a quelques semaines seulement, un raid aérien de l'Otan a pris sept jeunes du village qui rassemblaient leurs moutons pour des insurgés et les a tués. Aussi, lorsqu'il aperçoit dans le ciel deux hélicoptères se diriger vers eux, Zobair sent dévaler sur lui les vagues de l'angoisse. Ces engins font depuis longtemps partie de son quotidien, mais quelque chose dans la façon dont ceux-ci planent à basse altitude les rend particulièrement menaçants. Zobair bondit sur ses pieds et dit à ses cousins qu'il faut s'éloigner. Eux répondent en riant qu'il n'y a rien à craindre. Zobair se lève malgré tout et s'en va. Combien de pas a-t-il fait lorsqu'il entend l'explosion et s'écroule ? Il l'ignore. Il ne sait pas davantage quel type d'arme a été utilisé depuis l'hélicoptère. D'après les dommages causés, il s'agirait d'un missile Hellfire. Deux de ses cousins ont été tués sur le coup. Zobair a été projeté dans un fossé d'irrigation.
Les villageois font aussitôt transporter les survivants à la base militaire française de Tagab, où un autre des cousins de Zobair meurt bientôt. L'armée française dira à une journaliste du New York Times venue enquêter : «Ce jour-là, après avoir vérifié qu'il n'y avait pas de civils dans la région, un hélicoptère a tiré sur un groupe de cinq insurgés qui présentaient des intentions hostiles.»
Avant de perdre conscience, Zobair se souvient d'un étranger lui faisant une piqûre. Il se réveille ensuite «dans une salle blanche avec des murs blancs». Personne ne veut lui dire où il a été transporté. Nasir, l'oncle de Zobair qui l'a emmené à la base de Tagab, est rentré chez lui sans que quiconque l'ait informé du sort de son neveu. Cependant, ici, tout le monde sait que les «pertes» de Kapisa sont la plupart du temps transportées par avion à Bagram. L'oncle Nasir se rend donc à la base américaine sans tarder. Là, on lui répond : «Oui, il est ici.» Et le lendemain, lorsqu'il demande à le voir : «Non, il n'est pas là.» Zobair appelle une fois sa famille au téléphone et dit : «Je suis dans un hôpital, mais je ne sais pas où. Je n'ai pas le droit de le dire.»
Vingt-trois jours plus tard, Nasir reçoit un appel d'un interprète de Bagram lui demandant de venir chercher son neveu. Il retrouve le jeune garçon amputé des deux jambes, le torse enserré dans des bandages, les bras et les mains couverts de blessures. Sur le tarmac de l'aéroport, avant de monter dans l'avion qui doit les évacuer, l'interprète afghane dit à Nasir de se rendre à la Croix-Rouge de Kaboul, afin que les jambes amputées de Zobair puissent être équipées de prothèses. Elle lui remet des papiers sur lesquels est détaillé le traitement de Zobair. En anglais.
Si Zobair avait pu lire les journaux, il aurait appris que les chirurgiens américains de l'Hôpital de Bagram «lui avaient sauvé la vie grâce à une batterie de procédures sophistiquées». En fait, ils ont pratiqué une laparotomie qui leur a permis de soigner la rate, le côlon et les reins du jeune garçon. Les médecins lui ont enlevé une partie des intestins et il a subi une iléostomie. Curieusement, le seul traitement recommandé pour l'avenir est le «suivi avec un chirurgien dans six mois pour la fermeture de l'iléostomie». Aucune indication n'est donnée sur ce qu'il faut faire pour les sutures et les 52 agrafes métalliques qui ferment l'abdomen de Zobair, même si celles-ci ne sont destinées à rester en place que deux semaines, les risques d'infection apparaissant au-delà de ce délai.

Biographie de l'auteur

Ahmad Ashraf est neurochirurgien au CHU de Grenoble. Arrivé en France comme réfugié politique il y a une vingtaine d'années après avoir été chirurgien de guerre, il ne cesse depuis de retourner dans son pays d'origine pour y travailler comme médecin humanitaire. Il exerce notamment à l'Institut français pour la mère et l'enfant de Kaboul, avec l'association La Chaîne de l'espoir.



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