Le livre est assez intéressant lorsqu'il montre les liens entre le pouvoir politique américain, et les acteurs des marchés financiers. Cela va du financement des campagnes électorales des élus à la fois républicains et démocrates, jusqu'au contrôle d'une partie importante des postes de décisions politiques par d'anciens employés de Goldman Sachs (une partie de ces infos a déjà été traitée dans la presse, mais le livre va assez loin dans le niveau de détail).
A travers un tas d'anecdotes et de citations, l'auteur montre comment la décision publique peut servir un certain nombre d'intérêts particuliers, et cela laisse une vision assez noire concernant l'issue de toutes les discussions sur la régulation des marchés financiers.
Là où le livre est plus faible, c'est la partie concernant ce qui devrait être fait, ainsi que la partie "analyse économique de la crise". L'auteur est présenté comme un ancien journaliste économique ayant dirigé des rédactions de journaux économiques importants, et pour cette raison, on ne peut qu'être assez étonné du simplisme des analyses proposées. Par exemple, l'auteur préconise pour relancer l'économie d'allouer une partie importante du grand emprunt national à une augmentation des dépenses militaires, sans tellement plus de justifications sur l'intérêt d'une telle mesure, comme s'il allait de soi qu'un tel effort soit ce qu'il y ait de mieux à faire pour l'économie. Idem pour le renforcement des moyens du "fonds souverain français", qui mériterait au moins une discussion approfondie sur son intérêt. La toute fin du livre sur l'évolution souhaitable du système monétaire international frôle le n'importe quoi, avec l'idée de récréer une sorte de système de changes fixes autour duquel graviterait également le prix des matières premières, quasiment sans un mot supplémentaire d'explication sur les intérêts et la faisabilité d'un tel système.
Cela étant, cela reste au final un livre facile d'accès, qui se lit vite, fournissant tout de même un certain nombre d'informations intéressantes, notamment sur certains aspects factuels.