Il y a beaucoup de romans qui décrivent des évènements et des personnages sinistres. C'est un moyen assez facile d'atteindre émotionnellement le lecteur, mais cette facilité est aussi un piège, car le sordide rend parfois difficilement accessible ce que l'auteur cherche à exprimer.
C'est précisément le cas ici.
Je suis convaincu que le but n'est pas d'être réaliste, car ce ne l'est pas. Le portrait du héros qui fuit l'Italie, son pays, et sa femme (aimée à ce qu'il semble) à cause de Berlusconi est d'emblée assez peu réaliste.
Quant aux adolescents, ils sont bien singuliers: Aurèle maîtrise une langue peu commune, et ses problématiques me semblent assez lointaines de celle d'une adolescente de son age. Pour Jérôme, c'est moins frappant, mais son expression est souvent trop riche pour un débile.
Il peut bien y avoir un but autre derrière cette histoire : il me semble qu'il pourrait y avoir en filigrane une réflexion sur la démocratie. En ce cas, il me semble que l'auteur s'est un peu emmêlé les pinceaux. C'est difficile à saisir, et le sinistre des évènements que nous sommes amenés à suivre rend le tout un peu indigeste.