Très, très beau roman.
Ces trois femmes dont on suit les histoires en parallèle, vivent une autre vie que celle à laquelle elles aspirent. Elles se sentent « différentes », ne veulent pas donner ce que l''on attend d''elles : une vie de couple, des enfants'... et sont à la recherche de leur réalité, de leur vérité ; lorsqu''elles en prennent conscience, elles n''hésitent pas à tout bouleverser et assument leur choix.
Eric-Emmanuel Schmitt nous offre une très belle analyse des pensées féminines, avec les réponses que chacune tente de trouver dans sa quête : la nature et l''amour absolu des autres pour Anne, la psychanalyse et l''écriture pour Hannah, les drogues et le jeu cinématographique pour Anny, et où chacune peut s''abstraire d''elle-même et être cette autre, envers d''elle-même dans le miroir.
Les trois époques sont bien retracées mais j''ai un faible pour Anne de Bruges, à la fois parce qu''elle est à l''origine de tout, mais aussi pour Bruges, cette ville magique et son béguinage. Je revois le lieu, si paisible, arboré, entouré d''eau où cygnes et canards glissent dans le paysage et participent à l'atmosphère de calme et de sérénité.
Il faut pratiquement arriver à la 400è page pour découvrir le lien entre les trois vies, mais c''est bien vu, alors pas d''impatience ! Juste le plaisir de savourer l''écriture de l''auteur, tellement cela coule, fluide, envoûtant, et d''apprécier ses maximes : *La réalité, c''est le rêve qui revient le plus souvent. (p.311) *Un don, c''est exécuter spontanément ce que les autres doivent apprendre. (p.331) *être riche, c''est se débarrasser du souci de l''argent. *Le pire côtoie le meilleur, tout se vaut sans que rien ne vaille.
Une lecture de rentrée à ne pas manquer, que je vous recommande vivement.