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Mais ce qui peut-être interpelle le plus, et fait, à mon sens l'intérêt principal de ce livre (un peu incohérent sur le plan de la strucure), c'est que le narrateur soit... une narratrice, une femme qui dit de manière claire, nette, brute son désir et son plaisir sexuel.
Il est tellement rare que des femmes expriment verbalement leurs sensations et désirs sexuels, et surtout l'intensité brute de ceux-ci, qu'elles n'ont même pas développé... leur propre vocabulaire. A la ribambelle de synonymes de "pénis", par exemple, ne correspond rien, semble-t-il, qu'un vague diminutif pour "clitoris".
Du coup, tout au long de La Femme de papier, la narratrice utilise un vocabulaire classiquement masculin, très cru, et même souvent carrément vulgaire. Des mots utilisés dans les films (et dans la réalité?) par des hommes s'adressant aux prostituées ou par les hommes parlant entre eux de leurs prouesses et fantasmes respectifs. L'utilisation intensive et, je trouve, excessive de ce vocabulaire très mâle dans la bouche de la narratrice m'a semblé presque écoeurante et parfois boiteuse. Je n'aurais pas dit de seins qu'ils puissent "bander", mais j'aurais sans doute eu bien du mal à trouver un autre mot.
L'usage excessif de ces mots d'hommes en arrive presque à occulter l'originalité d'avoir donné la parole à une femme. Espérons donc que grâce à l'auteur, les femmes en viendront à développer leur propre vocabulaire.
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