Unanimement célébré par les critiques comme étant un des plus grands chefs-d'œuvre de l'histoire du cinéma, cette séquelle est également considérée comme la suite la plus réussie de tous les temps (avec "L'empire contre attaque"). En tout point supérieur au premier, le film nous bouleverse avec sa créature, plus humaine et plus pathétique qu'elle ne le sera jamais dans aucune autre adaptation. Bénéficiant d'un rythme plus soutenu, de la musique du grand Franz Waxman, d'un scénario plus riche et d'une fin bien plus dense, "La fiancée de Frankenstein" garde, plus de 60 ans après sa sortie, toute sa puissance émotionnelle.
Les images en noir et blanc, directement inspirées de l'Expressionisme allemand, alors la référence esthétique de l'époque, installent d'emblée un climat envoûtant, baroque, tragique, à peine entamé par les hurlements comiques de la vieille rigolote de service sensée détendre l'atmosphère. Si le premier volet de cette saga cinématographique (qui comptabilisera 7 films, avant de verser dans la comédie pure) restait, à l'aube du cinéma parlant, un peu "figé", on assiste ici à une émancipation de cette nouvelle époque du 7° art.
"La Fiancée de Frankenstein" demeure évidemment le sommet de la série, qui déclinera à partir du film suivant, et par extension la meilleure adaptation, tout medium confondu, du roman originel. Il faut dire que James Wale confère à son œuvre un sous-texte d'une richesse remarquable qui sera copié ensuite par toutes les générations successives de cinéastes, traumatisés à la fois par le fond et la forme de cette référence ultime : La peur de l'inconnu, la vanité humaine, l'intolérance que génère la différence et la dictature de la normalité, le besoin d'exister à travers l'amour et le regard des autres, la science et ses limites éthiques, le refus de la mort... Une richesse thématique souvent copiée, certes, mais combien de fois égalée ?
Pas de doutes, voilà un des grands chefs-d'œuvre de l'Histoire du Cinéma.