Pasquale Festa Campanile (la comédie
Ma femme est un violon, le slasher
Hitch Hike)...) réunit le couple vedette du film de Marco Ferreri
Conte de la folie ordinaire, Ben Gazzara (
5 films de John Cassavetes - Coffret,
Le pape Jean Paul 2...) et Ornella Muti (
Les nouveaux monstres). Côté distribution, le réalisateur s'entoure aussi d'Andrea Ferreol (vue chez Ferreri itou), Jean-Claude Brialy (qui a tourné plusieurs films de l'autre côté des Alpes, des
Garcons de Bolognini à
La Nuit de Varennes de Scola), William Berger, héros de moult westerns à l'italienne et autres films de genre, qui se contente ici d'une apparition météoritique dans une scène de réception, et Mimsy Farmer (à la filmographie hétéroclite, du beau
Le Maître et Marguerite au B
Frissons d'horreur)...
Le film, déjà sorti chez le même éditeur et sans doute alors passé inaperçu, refait surface avec une jaquette différente (en lieu et place de la véritable affiche du film de la précédente édition) mais un contenu inchangé: le film en VOST et en VF et c'est tout.
L'histoire est celle d'une passion d'amour, d'un dessinateur vieillissant et blasé (Gazzara) s'entichant d'une superbe jeune femme dont il va rapidement découvrir l'instabilité mentale grandissante (se manifestant d'abord par des mensonges éhontés et un exhibitionnisme compulsif, ce qui donne à la Muti l'occasion d'exposer sa plastique irréprochable dans de nombreuses scènes...) - les deux tourtereaux s'aiment, se fuient, se cherchent, partent, restent, se retrouvent, se disputent et font l'amour à longueur de métrage: un canevas sans la moindre originalité... Amour-passion, amour-fascination réciproque mais invivable...
Visuellement, le film est terne, ne fait montre d'aucune recherche esthétique particulière. La mise en scène est quelconque, se contentant pour l'essentiel de filmer les acteurs dans le bel appartement de Gazzara ou dans le centre où Muti est traitée pour son trouble psychologique (le psychiatre est Brialy). Le réalisateur, comme dans son film HITCH HIKE, cherche l'image-choc et le parfum de scandale, alternant scènes de sensualité (Mimsy Farmer passe elle aussi mollement à la casserole) et images parfaitement déplaisantes (un viol au féminin dans l'enceinte de l'asile; un film dans le film tendance snuff), regorgeant d' effets de surprise faciles (le crâne rasé d'Ornella)... En somme, le réalisateur baffre à tous les rateliers, marchant sur les braises de Marco Ferreri, intégrant à son film des éléments alors en vogue du mondo movie et de l'érotisme soft... Les ficelles sont trop voyantes, une certaine lourdeur règne sur l'ensemble. Les personnages se baladent constamment en voiture, au mépris de toute considération écologique... La musique est de Riz Ortolani, compositeur éclectique de bandes originales souvent intéressantes; ici il nous sert quelques tourneries datées et délectables, entre funk électrique et thèmes lents à vocation romantique un peu génériques, entre Cosma et Morricone en pilotage automatique; ici utilisés sans parcimonie, plaqués de façon systématique et tonitruante sur diverses scènes, cela se révèle épuisant à la longue.
Au final, un produit typique de son époque et du pays dont il émane, et dont il ne constitue pas un exemple recommandable. Un vrai ratage, qui ne présentera d'intérêt que pour les amateurs de nanars à la distribution hétéroclite et à ceux, nombreux n'en doutons pas, qui voudraient admirer la Muti dans sa juvénile magnificence. Elle en joue ici pleinement, se déshabillant en plein restaurant, urinant la porte ouverte ou simulant une noyade pour attirer l'attention sur elle... Mouais...