| ||||||||||||||||||
Il y a Prigogine montre que les équations habituelles de la physique ont un champ de validité très réduit. De nombreux phénomènes résistent à l'analyse scientifique classique. Et d'après Il y a Prigogine, il lui résisteront sans doute toujours. Pour les comprendre, il faut admettre que ces phénomènes, dits complexes ou chaotiques, ne sont pas prévisibles. Ils peuvent avoir une forte autonomie et obéir à des lois qui leur sont propres. Il faut alors abandonner notre logique déterministe et cartésienne, qui lie cause et effet de manière mécanique. Nous avons atteint la fin des certitudes scientifiques. A l'avenir, la science sera faite de probabilités et d'hypothèses. Fonder nos raisonnements et nos théories sur cette incertitude fondamentale ouvre l'accès à une compréhension supérieure de notre environnement.
De plus en plus le monde de l'entreprise est perçu comme échappant à notre compréhension et à notre maîtrise. nous dit, et c'est révolutionnaire, que cela est normal : il ne peut y avoir compréhension au sens d'une description mécaniste ou d'une maîtrise totale d'un système complexe tel qu'une entreprise. Il ne nous dit pas que nos modèles sont insuffisamment précis et que des règles permettront un jour de lever l'incertitude au gré des recherches sur la gestion. nous invite à intégrer dans nos modes de raisonnement, dans nos outils de travail, l'imprévisibilité et l'incertitude comme des conséquences de notre inintelligence. Il s'agit de revoir nos modèles de représentation de l'entreprise pour ne plus être soumis à l'angoisse de l'impuissance devant les situations qui se présentent dans notre univers moderne.
Dès lors, nous comprenons mieux pourquoi les techniques de management s'appliquent de moins en moins dans nos organisations. En effet, les recettes de management ont eu leur heure de gloire dans un monde d'équilibre, caractérisé par des produits peu évolutifs, par des concurrents rares et bien connus, par des personnels obéissants, par des règles économiques, politiques et juridiques stables, explicites et s'imposant à tous. Aujourd'hui, c'est l'ouverture des marchés et la multiplicité des concurrents potentiels possédant eux-mêmes des cultures et donc des modèles différents : nous les connaissons souvent peu et leurs décisions sont moins prévisibles. C'est la multiplication des technologies et des innovations susceptibles de bouleverser les produits. C'est une versatilité des clients eux-mêmes beaucoup plus instruits et formés, informés de manière constante et qui acquièrent une capacité d'initiative d'autant plus importante.
Par analogie, l'entreprise est un système qui ne peut plus être perçu comme à l'équilibre, avec des règles immuables qui s'y appliquent. Le dirigeant doit donc enrichir sa représentation de l'entreprise en y introduisant l'incertitude, le caractère irréversible de son évolution, l'essence fondamentalement dynamique de son histoire. Il devient lui-même alors un élément du système de l'entreprise, capable de provoquer des instabilités fécondes pour l'entreprise.
Comme l'affirme Ilya Prigogine à la fin de son livre à propos du monde, le fonctionnement de l'entreprise n'obéit ni à des règles de management universelles, ni à un hasard absolu. Désormais, être dirigeant d'entreprise ne consiste pas à organiser ou planifier le progrès, mais à ouvrir des champs de possibles au «système» de l'entreprise, pour que les acteurs qui la composent puissent y exercer leur créativité et leur capacité d'initiative dans le sens du progrès. -- Maurice Benzaquen -- --Ce texte fait référence à lédition Broché .
Détails sur le produit
Souhaitez-vous compléter ou améliorer les informations sur ce produit ? Ou faire modifier les images?
|
Mots-clés associés par les clients à ce produit(De quoi s'agit-il ?)Cliquez sur un mot-clé pour trouver les produits, discussions et clients qui y sont associés.
|
|
|
|