Moi qui voulais découvrir ce dessinateur, je n'aurais peut-être pas dû commencer par cette série. Au premier abord, le dessin impressionne par sa grandiloquence, son côté monumental, ses plongées, ses contre-plongées, ses architectures déformées, ses formes sinueuses. La colorisation est également plutôt réussie. Et pourtant, passé le premier choc, il se passe quelque chose d'étrange, et on finit par trouver ce graphisme un tantinet déplaisant, pour ne pas dire prétentieux. Les cases fourmillent de détails, ce qui pourrait être agréable au départ mais devient vite surchargé, comme si Oger voulait en faire trop. Les personnages quant à eux sont peu attachants et n'ont pas de visages très reconnaissables ni de personnalités très marquées, beaucoup étant représentés comme de grandes silhouettes dégingandées (notamment le chevalier dont j'ai oublié le nom). Les mouvements manquent de fluidité et de cohérence, bref tout cela nuit à la clarté du récit.
Quant au scénario, il est aussi minuscule que le dessin est imposant. Des dialogues insipides, un humour qui tombe à plat et ne m'a pas déridé une seconde. Qui plus est, des textes tapés à l'ordi, une horreur (Oger en avait-il honte ?). On se demande bien ce qui a conduit l'acteur Perez à s'impliquer dans ce projet. Passionné de BD peut-être ? Si cela suffisait pour se prétendre auteur, ça se saurait. Du coup, on se dit sans vouloir être mauvaise langue que sa notoriété a pu lui faciliter la tâche.
Voilà un premier tome qui ne m'encourage guère à poursuivre une lecture passablement pénible.