J'ai découvert Willy Pasini, auteur italien, avec ce livre. Je peux dire que j'ai apprécié, puisque j'ai eu envie de continuer sur d'autres ouvrages ensuite.
Cet essai donne un historique du désir au début, montrant que les femmes ont longtemps été contrôlées dans ce domaine, mais qu'aujourd'hui elles s'émancipent. L'auteur explique également comment la publicité se sert de la séduction comme un argument de vente et à quel point cette énergie positive devient un outil mercantile un peu dévoyé.
Willy Pasini traite du désir sous toutes ces formes: perversions multiples, transgressions inimaginables, obstacles à son épanouissement (angoisse de performance, dépression, narcissisme...), désirs positifs et sources de plaisir.L'explication du désir comme aphrodisiaque est à mon sens un peu ratée, trop superficielle.
En bon psychothérapeute, on sent que l'écrivain a disséqué toutes les difficultés que le désir peut rencontrer en donnant des exemples très variés -parfois trop à mon goût-. J'aurais préféré que Pasini développe une dizaine d'exemples et qu'il les approfondisse. Or, on est parfois noyé dans la foultitude des "cas" que je trouve finalement traités trop rapidement. L'auteur a tendance à énumérer.
En lisant le titre "La Force du désir", j'espèrais plutôt un développement sur ses points positifs, sur ce que cette énergie apporte dans la vie de tous les jours. Or, au final, j'ai davantage retenu les entraves qu'il supportait au quotidien (sur ce point l'ouvrage est réussi).
Cela dit, la réflexion est sérieuse et intéressante. J'ai beaucoup aimé la petite anecdote sur la chanteuse japonaise Kyoko (p.16), qui a rencontré des millions de fans qui en sont tombés amoureux, alors que cette pop-star n'est qu' un "idoru", "une idole virtuelle", créee par la première agence japonaise d'infographie. Il me semble que cet exemple très moderne montre à quel point la fiction, dans notre société moderne, peut prendre le dessus sur la réalité et parfois, de façon très regrettable, sur l'authenticité d'une relation. Pasini explique avec justesse que le désir se nourrit d'illusions,de fantasmes mais que pour exister positivement, il doit prendre racine dans l'intimité (sujet de plusieurs de ses autres livres qui suscite ma curiosité).