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La gauche à l'épreuve : 1968-2011 [Poche]

Jean-Pierre Le Goff
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Descriptions du produit

Présentation de l'éditeur

« Ce livre traite des évolutions de la gauche française et des bouleversements sociaux et culturels qu’a connus la société depuis plus d’un quart de siècle. Il ne prétend pas à l’expertise et encore moins à l’audit, mais aborde frontalement des changements problématiques trop longtemps sous-estimés ou déniés ». Dans la première partie : « La gauche n’est plus ce qu’elle était », Jean-Pierre Le Goff passe au crible la décomposition de l’ancienne doctrine de la gauche et ses substituts. Gauchisme recomposé, référence à un mouvement social hétéroclite, néo-management, écologisme, gauche morale et dénonciatrice, modernisme culturel et branché… se sont affirmés, dans le même temps où des socialistes français tentaient d’opérer une difficile réconciliation avec le libéralisme. Trente ans après sa victoire de 1981, la gauche n’est pas parvenue à reconstruire un nouveau cadre cohérent de pensée et d’action.
Dans la seconde partie, l’auteur s’attache à montrer que cette décomposition s’inscrit dans des évolutions de la société française qui ont mis à mal les anciennes figures de l’engagement politique. De la « civilisation des loisirs » à « mai 68 », de la fin des Trente Glorieuses aux années 2000, c’est une nouvelle figure de l’individu qui a fini par s’affirmer pour qui le rejet des embrigadements passés s’est accompagné d’une morale des bons sentiments et d’un narcissisme prononcé. Les bouleversements opérés dans la famille et l’éducation alliés au chômage de masse ont produit des effets de déstructuration et de désaffiliation, entraînant un « nouveau fossé des générations », à bien des égards plus problématique que celui des années 1960. La combinaison d’une crise économique, sociale et d’un nouvel « état des moeurs » met en question « l’estime de soi » sur le plan individuel et collectif, entraînant une spirale dépressive. L’exigence d’une nouvelle reconstruction, sociale, politique et culturelle est d’autant plus présente que nous sommes arrivés à une phase d’épuisement des idéologies passées et de la révolution culturelle post-soixante-huitarde.

Biographie de l'auteur

Jean-Pierre Le Goff est un sociologue renommé. Président du club Politique Autrement, il est l’auteur, entre autres, de Mai 68 : l’héritage impossible, La Barbarie douce et La France morcelée.

Détails sur le produit

  • Poche: 288 pages
  • Editeur : Librairie Académique Perrin (25 août 2011)
  • Collection : Tempus
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2262033358
  • ISBN-13: 978-2262033354
  • Dimensions du produit: 18 x 11,2 x 2,2 cm
  • Moyenne des commentaires client : 4.5 étoiles sur 5  Voir tous les commentaires (2 commentaires client)
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Par Latour07 1ER COMMENTATEUR DU HALL D'HONNEUR TOP 500 COMMENTATEURS VOIX VINE™
Format:Poche
Je considère Jean-Pierre Le Goff comme l'un des brillants intellectuels français de notre époque. Son ouvrage La barbarie douce : La modernisation aveugle des entreprises et de l'école est véritablement révolutionnaire, en ce sens qu'il s'abstrait des cultures ostracisées libertaires, néolibérales, destructrices du lien social et citoyen (sur le plan du travail, son analyse renforce celle du professeur Dejours Suicide et travail : que faire ?).

Ancien activiste de gauche, engagé dans Mai 68, sociologue de formation, l'auteur a mûri comme tous ceux qui ont toujours recherché la vérité, en profondeur, quitte à se blesser l'âme dans cette quête éperdue. Me vient à la pensée Gérard Chaliand, dans le registre de la géopolitique, qui recoupe celui exploré par Le Goff, dans Mémoires : Tome 1, La pointe du couteau. Il y a bien sûr d'autres penseurs issus d'un engagement à gauche qui fut prenant, comme Jacques Sapir, Emmanuel Todd et qui sont si intéressants à entendre, contrairement aux sectaires rances, cabrés sur leurs délires idéologiques refusant le réel, comme ces nouveaux philosophes et autres dérivés situationnistes, marxisants ou non, trotskistes professionnels du marketing des idées, dont la vanité et la vacuité est dénoncée dans l'ouvrage "La gauche à l'épreuve : 1968-2011".

Premier constat sans appel : la gauche s'est réfugiée dans l'après-Mai 68 dans la construction d'une image morale inattaquable. Cependant "l'affaire DSK" a fini d'écrouler ce mythe :

"'L'affaire DSK' a été vécue comme un 'tremblement de terre', non seulement parce qu'elle rendait brutalement caduque une stratégie électorale supposée victorieuse mais, plus fondamentalement, parce qu'elle mettait directement en cause une idée clé de la gauche qui structure son identité depuis longtemps et constitue comme un point aveugle de certitude : la gauche dispose d'une supériorité morale sur ses adversaires, elle est en quelque sorte la dépositaire de l'idée du Bien." - p.9

Cette croyance constitue d'ailleurs un obstacle à son renouvellement. La Gauche a dérivé en se déconnectant de l'Histoire, refusant tout héritage, au nom de valeurs libertaires affirmées lors de Mai 68, se livrant au confort d'un certain communautarisme accepté par une attitude en surface tolérante, acceptant l'Autre de principe par la négation de soi, le refus de s'assumer, d'assumer son Histoire, celle de sa citoyenneté - ceux qui n'entrent pas dans ce mouvement étant relégués à la qualité de "Beaufs", de sous-citoyens. La common decency, dont le thème est si cher à Jean-Claude Michéa (Le complexe d'Orphée : La gauche, les gens ordinaires et la religion du progrès) qui rejoint l'analyse sociétale de Le Goff, a disparu. Les tenants de la Gauche ne cherchent plus à comprendre l'Histoire (qu'ils ignorent massivement) mais à la juger, se posant comme héros de temps révolus, d'histoires passées, réussies ou non, mythifiées, simplifiées, révisées : dérives du tiers-mondisme, de la haine de soi par des groupuscules brandissant le racisme comme étendard, le colonialisme, faussant l'histoire, refusant le réel : a-t-on un jour téléphoné à ces réactionnaires (inscrits dans le coeur de la Gauche) que la France n'est plus colonialiste ? que l'Occident représente un modèle de civilisation qui n'a plus le monopole (Chine, islamisme modéré), qui n'a plus cours, qui est sur la voie de la descente ? A-t-on fini de considérer ces falsificateurs héritiers des "Touche pas à mon pote" et autres mouvements sectaires comme des humanistes ?

Sous Mitterrand : "Un nouveau moralisme culpabilisateur, bien différent de celui du passé, voit le jour : il érige en nouveau dogme l'adaptation aux évolutions, et intègre 'l'éthique' et les 'valeurs' comme signe de distinction." -p.121. Il sera naturellement soluble dans le libéralisme, le libre-échangisme, l'affairisme, le bougisme et le relativisme des "valeurs".

"Le parti socialiste peine à se démarquer clairement d'un gauchisme diffus, reste symbolique d'une mauvaise conscience que le communisme a incarnée en d'autres temps. A l'opposé de ce que furent antérieurement les 'forces vives de la nation', ce néogauchisme développe une 'victimisation' et un misérabilisme grossier, répandant une image des démocraties tout entière marquée du sceau de la domination et de la régression sociale généralisée." -p.134

A laisser le champ libre de la politique aux communicants, en perdant toute valeur, engagée dans une destruction identitaire, maniant la "langue de caoutchouc" mieux encore que la Droite, qui a abandonné toute prétention à moraliser la politique, la gauche est en danger. Saura-t-elle reprendre le goût de la réflexion intellectuelle ? se questionner ? se laisser remettre en cause par les intellectuels qui en défendent encore les valeurs (historiques) ? Trop de confort matériel (aucune distinction entre la droite et la gauche dans les mouvements du public vers le privé, passant par un Etat accaparé au service d'intérêts particuliers -cf. L'Etat prédateur : Comment la droite a renoncé au marché libre et pourquoi la gauche devrait en faire autant de James K. Galbraith, trop de conformisme dans les schémas de pensée ("l'engagement éthique et humanitaire se substitue à la réflexion et à l'engagement politiques dans la plus grande confusion" -p.217 ne présagent rien de ... révolutionnaire.

Une Gauche à la dérive en vue d'attaquer les élections présidentielles ne rassurera pas son électorat. Comment en 3 mois pourrait-elle se repenser dans ses fondations ? Comment un parti de carriéristes politiques, conformistes, bourgeois, peut-il s'exposer au risque de se penser ? Je n'imagine plus que même Emmanuel Todd, qui aimerait bien que cela se produise, ne parvienne encore à y croire.
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5 internautes sur 8 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Utile collation de textes déjà anciens 10 novembre 2011
Format:Poche|Achat authentifié par Amazon
On trouve dans ce petit livre quelques articles publiés ailleurs il y a quelques années mais qui restent pertinents aujourd'hui. Une utile réflexion sur ce qu'est devenue la "gauche".
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