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La grâce des brigands [Broché]

Véronique Ovaldé
3.8 étoiles sur 5  Voir tous les commentaires (20 commentaires client)
Prix : EUR 19,50 Livraison à EUR 0,01 En savoir plus.
  Tous les prix incluent la TVA
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Descriptions du produit

Extrait

Les calmes après-midi du bord de mer

Maria Cristina Väätonen, la vilaine soeur, adorait habiter à Santa Monica.
La première raison de cette inclination, celle qu'elle n'avouerait sans doute pas ou alors seulement sous forme de boutade, en riant très fort et très brièvement, c'est qu'elle avait la possibilité à tout moment de déguster des cocktails de crevettes et des glaces à la pastèque sur le front de mer.
Elle pouvait s'asseoir dans un restaurant pour touristes aisés où le serveur l'interpellait par son prénom et ajoutait toujours des cacahuètes pilées à ses crevettes - il ne disait pas cacahuètes, il disait, Je vous ai mis des arachides, Maria Cristina, et il roulait les r suavement, peut-être pour faire croire qu'il n'était pas du coin. Et elle pouvait s'installer sur la terrasse du restaurant à une table qu'aucun client de passage n'aurait eu le droit d'occuper. La terrasse surplombait la baie du haut de ses pilotis, et on y sirotait des sangrias avec lenteur en contemplant le soleil qui disparaissait au fond du Pacifique dans une apothéose fuchsia. Puis Maria Cristina pouvait décider de prendre sa décapotable verte et rouler le plus vite possible sur l'autoroute, remonter la nuit Mulholland Drive au volant de sa voiture et sentir le vent frais qui vient des jardins des multimillionnaires, les jardins qu'on arrose à minuit pour que les orchidées et les roses au nom latin se sentent à leur aise, elle pouvait goûter sur son visage l'humidité des bambouseraies qu'on fait pousser en plein désert, et ensuite rentrer chez elle à l'heure qui lui plaisait, garer sa voiture en mordant sur le trottoir près du petit chemin qui descend vers la plage, claquer la porte de son appartement, jeter les clés par terre, se défaire de ses vêtements en les laissant simplement tomber sur le sol, mettre très fort la musique et allumer toutes les lumières comme si elle avait une minicentrale électrique pour son usage personnel dans le sous-sol.
Elle pouvait faire tout cela mais ne le faisait quasiment jamais.
La possibilité seule l'enchantait et lui suffisait.
Maria Cristina Väätonen aurait probablement aimé être une femme scandaleuse.
Malgré ce désir, elle ne faisait que goûter plaisamment sa vie d'écrivain et la modeste notoriété que son succès accompagnait. C'était l'autre raison pour laquelle elle appréciait d'habiter à Santa Monica : une communauté d'écrivains dépressifs et/ou cacochymes y vivait, arpentant les pontons comme de vieux squales à la recherche d'éperlans. Ils avaient tous tenté de devenir scénaristes ou présentateurs d'émissions culturelles, ils avaient réussi ou échoué, là n'était pas la question, et ils fumaient des cigarillos en regardant la mer et en imaginant s'exiler à Tanger, Paris ou Kyoto. L'un de ces vieux écrivains était l'homme le plus important de la vie de Maria Cristina.
Maria Cristina avait trente ans (ou trente et un ou trente-deux) et se trouvait encore dans l'insouciant plaisir d'écrire, acceptant la chose avec une forme d'humilité et le scepticisme prudent qu'on accorde aux choses magiques qui vous favorisent mystérieusement.

Revue de presse

La grâce des brigands réussit la prouesse d'être aussi diablement romanesque que diablement poétique. L'écriture de Véronique Ovaldé, sans afféterie et sans facilité, suit le rythme presque organique du récit, avec ses échappées et ses alanguissements. Il s'agit du neuvième roman de l'auteur, après Ce que je sais de Vera Candida et Et mon coeur transparent, plusieurs fois primé. (Marion Cocquet - Le Point du 11 juillet 2013)

On retrouve dans La Grâce des brigands (L'Olivier), son dixième roman, le ton gracieux et singulier qui fait la force de l'auteur. Sous ses allures de fable, l'histoire de Maria Cristina en dit long sur le chemin des femmes vers la libre détermination. (Le Figaro du 22 août 2013)

La Grâce des brigands est un hymne au mensonge, un chant dédié à l'imposture sous toutes ses formes, celles de l'amour familial, du désir sexuel et surtout de la création littéraire. Comment écrire son histoire, demande Véronique Ovaldé, confronter les versions, éviter l'artifice ? Comme les poupées russes qui se déboîtent les unes après les autres, elle «ouvre des digressions, des parenthèses, des souvenirs». Son écriture est baroque et palpitante pour mieux secouer la fiction, faire chavirer la phrase et entrer dans un monde où David Lynch croiserait les frères Grimm. (Christine Ferniot - Télérama du 28 août 2013)

Une pétroleuse, cette Maria Cristina Ce serait trop simple pour un personnage qui s'inscrit dans la sphère romanesque que cette auteur a su créer au fil de ces sept précédents romans. Car Véronique Ovaldé n'aime rien tant que chahuter le lecteur, pas à la façon d'un milk-shake dans le blender mais de manière plus chaloupée comme le mouvement d'une danse sud-américaine...
On a bien compris que l'héroïne n'était pas en quête du prince charmant mais de son émancipation, d'où ce côté têtu et obstiné très affirmé.La Grâce des brigands s'appuie sur une ambiance mais aussi sur une construction audacieuse sous forme de mise en abyme. Un mystérieux narrateur raconte la vie de Marie Cristina après sa disparition. «J'ai décidé de faire avec l'approximation... ; je me permets de remplir les blancs, je me permets de compléter...», écrit-il. Roman sur la libre détermination, ce livre est aussi une réflexion sur l'écriture, emmenée par une imagination qui ne se laisse jamais entraver. (Françoise Dargent - Le Figaro du 29 août 2013)

C'est l'une des voix les plus singulières des lettres françaises...
L'occasion est belle pour Véronique Ovaldé de creuser certains sillons déjà rencontrés dans son oeuvre -les cicatrices de l'enfance, la conquête de la liberté, l'étrange mécanique du couple. Mais aussi d'évoquer, pour la première fois, la question de l'écriture, ce formidable moyen d'évasion pour "s'émanciper des familles asphyxiantes". (Julien Bisson - Lire, septembre 2013)

Véronique Ovaldé s'impose, livre après livre, comme l'une de nos meilleures tisseuses de songes. Tour à tour, elle revêt les habits de la fée et de la sorcière. Ses livres sont des contes modernes, des fables contemporaines où le loufoque côtoie la tragédie. Son nouveau roman, sans doute le plus fort, explore les méandres de la culpabilité et du don...
Alternant humour et gravité, Véronique Ovaldé nous offre ici une splendide variation sur le thème des perdants magnifiques. (François Busnel - L'Express, septembre 2013)

Quel regard peut porter un enfant sur une mère qui l'élève «comme on élève les animaux de trait, à la badine ou la schlague» ? De quelle manière cela pèse-t-il ensuite sur une vie ? Une femme a-t-elle réellement «autant besoin d'un homme qu'un poisson rouge d'un sac à main» ? Le roman de Véronique Ovaldé frémit de toutes ces questions, qu'elle a le bon goût de ne jamais surligner. Car tout ça est raconté comme à la veillée, presque sur le ton de l'improvisation, dans un style élastique et bigarré, tandis que la narration glisse adroitement d'une époque à l'autre, un peu comme chez García Marquez. A l'arrivée, «la Grâce des brigands» a bien le charme, à la fois inquiétant et entêtant, d'un rêve américain. (Grégoire Leménager - Le Nouvel Observateur du 19 septembre 2013)

Détails sur le produit

  • Broché: 284 pages
  • Editeur : Olivier édition de l'; Édition : Olivier édition de l' (22 août 2013)
  • Collection : OLIV. LIT.FR
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2823602356
  • ISBN-13: 978-2823602357
  • Dimensions du produit: 21 x 14 x 2,6 cm
  • Moyenne des commentaires client : 3.8 étoiles sur 5  Voir tous les commentaires (20 commentaires client)
  • Classement des meilleures ventes d'Amazon: 44.386 en Livres (Voir les 100 premiers en Livres)
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En savoir plus sur l'auteur

De livre en livre, Véronique Ovaldé s'impose comme une des figures incontournables de la jeune scène littéraire française. Après des succès critiques et publics avec des romans comme Toutes choses scintillant et Les hommes en général me plaisent beaucoup, elle a définitivement séduit un plus large public avec Et mon cœur transparent, prix France Culture-Télérama 2008.

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Commentaires en ligne

Commentaires client les plus utiles
18 internautes sur 21 ont trouvé ce commentaire utile 
Par cathulu TOP 100 COMMENTATEURS
Format:Broché
Maria Christina Väätonen, qui s'est auto-attribué le titre de vilaine sœur, a quitté son grand Nord et sa famille étouffante dès seize ans pour s'installer à Santa Monica . Quand le roman commence, le 12 juin 1989, elle reçoit un coup de fil de sa mère qui va la faire revenir sur son passé et sur la manière dont, dans les années 70, elle est devenue une très jeune écrivaine à succès.
Quel bonheur que ce livre ! Un je ne sais quoi m'avait toujours retenue dans mon appréciation des précédents romans de Véronique Ovaldé mais ici toutes les restrictions ont été balayées !
Le premier chapitre qui explique l'inclination de l’héroïne pour ce quartier de Los Angeles où elle habite est une pure merveille ! Nous sommes avec elle en train de siroter des sangrias, de sentir le vent frais qui vient des jardins... et ce sera comme cela tout le long du texte car Ovaldé a un don visuel certain. Cet éloge sensuel fonctionne d'ailleurs en contrepoint de la liste sèche et pleine de rigueur de "La vulgarité selon Marguerite Richaumont", la mère de l'héroïne. Les titres des chapitres , "L'encombrant désespoir des fillettes", " Mettre le bras entier dans un trou d'alligator", le style, plein de cette Grâce des brigands vantée dans le texte, font de ce roman d'émancipation féminine une pure merveille, jamais pesante, où les épreuves sont racontées avec justesse, sans auto-apitoiement et avec toujours une pointe d'humour. Une écrivaine qui a atteint une aisance dans l'écriture que nombre de ses confrères lui envieront !

Un grand coup de cœur, constellé de marque-pages, et qui file d'un seul coup d'un seul sur l'étagère des indispensables !
Avez-vous trouvé ce commentaire utile ?
1 internautes sur 1 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Trop belle écriture 27 juillet 2014
Par Thierry
Format:Broché
Nous sommes totalement dans une très belle création littéraire, le style et l'écriture en étant agréables à lire décrivent des interrogations psychologiques, des doutes, des craintes mais aussi des espoirs avec une rare pertinence. Que les situations soient possibles ou non n'est pas la question. Le personnage "principal" Maria Cristina cristallise une pléiade de personnages, en commençant par ses parents, que Véronique Ovaldé nous livre sans concession mais aussi avec beaucoup de pudeur. Tout le titre évidemment se comprend à la fin du roman, même si cette "triste" fin est pleine d'espoir.
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5 internautes sur 6 ont trouvé ce commentaire utile 
3.0 étoiles sur 5 Agréable moment de lecture mais ... 12 octobre 2013
Par HJ TOP 1000 COMMENTATEURS
Format:Broché
Un peu déçue par ce nouveau roman de Véronique Ovaldé dont j'apprécie la fantaisie et l'univers décalé. On retrouve bien sûr ce qui la rend unique, son art de brosser des portraits d'êtres irrésistibles mais profondément humains, leurs aventures dont l'invraisemblance est bien dosée. Elle revient sur les thèmes qui lui sont chers, l'enfance brisée, le machisme ordinaire, la culpabilité des victimes ...
Mais ici je suis restée sur ma faim! Il y'a comme des temps morts dans son récit, comme l'évocation par l'héroïne des destins des voyageurs du bus où elle est assise ou la liste à la Prévert des images de liberté, qui sont autant de détours gratuits qui cassent le rythme! Véronique Ovaldé a trop de talent pour se laisser aller à la facilité d'une écriture débridée!
Cependant, la grâce et le charme de son écriture m'ont une fois de plus offert un agréable moment de lecture!
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2.0 étoiles sur 5 hermance 6 septembre 2014
Format:Broché
Tres décue, les personnages sont caricaturaux, les situations abracadabrantes, j 'ai l 'impression d'avoir perdu mon temps et je n'ai, à aucun moment, rétrouvé la poesie des précédents romans de veronique Ovaldé. A vouloir donner dans le loufoque à tout prix, on s'égare parfois dans un roman sans ame, incoherent. Cependant, je continuerai à conseiller veronique ovaldé comme l'un des meilleurs auteurs Francais.
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2.0 étoiles sur 5 Superficiel et rapide 13 avril 2014
Par Anne01
Format:Broché|Achat vérifié
J'ai trouvé que ce roman était écrit dans un style superficiel et très rapide. Il m'a été difficile de me plonger dans cette écriture, et je n'ai ressenti aucune émotion.
Je suis allée jusqu'au bout du roman mais sans plaisir de lecture.
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3.0 étoiles sur 5 "Le loufoque côtoie la tragédie", oui mais… 21 janvier 2014
Par coymel
Format:Broché
…pourquoi être allée jusqu'à supprimer son héroïne au final, quand elle avait déjà subi une enfance écartelée, puis un viol à l'âge adulte ??? Pour ma première lecture de l'auteur, je dois dire que ça interpelle : faut-il que la fantaisie de ce qu'on prend en effet pour un immense cauchemar, en prise avec une certaine réalité, aille jusqu'à dézinguer cette femme-là. Pas très optimiste, apparement, Ovaldé…
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2.0 étoiles sur 5 heu... 22 octobre 2014
Format:Broché|Achat vérifié
J'ai lu cette histoire mais elle ne m'a pas convaincu. Je pensais avoir une belle surprise, un roman magnifique, au lieu de cela je suis fort resté sur ma faim, déçu par rapport aux critiques que j'avais lues avant d'acheter ce livre.
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Commentaires client les plus récents
5.0 étoiles sur 5 ok
Tout est bien..............
..bien
bien
bien

bien.......
ridicule de demander un commentaire ...il faudrait pouvoir adapter en fonction des achats
Publié il y a 9 mois par dany43
3.0 étoiles sur 5 âs encore lu
je n ai pas encore lu ce livre mais bientôt en debut année je vous dirais mes impressions je lis beaucoup surtout lorsque je commande j en commande plusieurs a la fois mais... Lire la suite
Publié il y a 10 mois par evelyne benardeau
4.0 étoiles sur 5 « Il y a une certaine grâce chez les perdants, les plagiaires et les...
Ce roman se démarque du réalisme magique des précédents récits de l’auteur pour s’ancrer dans une réalité et un lieu mieux... Lire la suite
Publié il y a 11 mois par sentinelle
4.0 étoiles sur 5 libérer sa descendance
Maria Cristina Vaatonen a 16 ans et cherche à quitter sa famille.Elle n'entrevoit pas d'avenir possible dans cet endroit, au milieu de nulle part,en Alaska, et surtout dans... Lire la suite
Publié il y a 11 mois par laetitia
5.0 étoiles sur 5 la grâce de veronique oaldé
Oui encore un beau roman de cette auteure : l'histoire de son personnage m'a transportée, toujours dans l'idée des racines et de la transmission familiale, elle nous... Lire la suite
Publié il y a 12 mois par biundo catherine
3.0 étoiles sur 5 Un livre dans la ligne de l'auteur
Mais je n'ai retrouvé sa griffe qu'au dernier tiers du livre. Le rythme général, l'ambiance typique d'Ovaldé en font un très bon livre
Publié il y a 12 mois par Le Dantec
3.0 étoiles sur 5 Pas le meilleur
J ai préféré les précédents romans de veronique ovalde j ai eu du mal à accrocher mais cela reste agréable à lire
Publié il y a 12 mois par Virginie Pinson
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