Après la chanson douce écrite par Erik Orsenna, Rambaud fait de la grammaire un amusement. Les deux projets comme les deux hommes sont liés d'ailleurs. L'introduction le rappelle : il s'agit de mettre la grammaire à portée de tous à un moment où elle devient rébarbative, en raison surtout d'un métalangage qui en fait oublier les notions élémentaires et embrouille l'esprit.
Sous la forme d'un dialogue entre "lui" et "moi" (un clin d'oeil à Diderot), Rambaud montre en quoi la grammaire est essentielle pour maîtriser la langue et se faire comprendre, mais encore pour comprendre ce qui nous entoure, ce qui est véhiculé par les mots dans notre quotidien. "Moi" est le grammairien : expliquant les structures des phrases, les verbes, les noms, il glisse çà et là des anecdotes sur l'histoire des mots (flirt, redingote, tennis...) ; "lui" est un jeune de sept ans s'exprimant très mal, qui aime davantage la console de jeux que les livres. La formulation simple et la vivacité du dialogue font que l'on apprend sans s'en rendre compte (en outre un résumé est présent à la fin de chaque chapitre) et, comme on en vient à trouver insupportable la façon de s'exprimer du jeune garçon, le bon usage de la langue et le plaisir des mots sont mis en valeur naturellement. Ainsi, ce petit ouvrage fait-il la démonstration en acte de l'utilité de la grammaire.
Bien sûr, comme rien n'est jamais parfait, on pourra reprocher les répliques quelque peu caricaturales parfois mises dans la bouche de "lui" ou s'étonner que le cas du conditionnel ne soit pas abordé dans le passage sur le mode des verbes. Pourtant au final, cette lecture légère, utile et riche est à recommander à tous les amoureux de la langue, tous âges confondus.