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Cette grande femme à bouche molle, Philippe Jaenada la rencontre à la fin de son aventure, dans une boîte à la mode de Manhattan, à New York. Mais avant cet inquiétant face-à-face, il va connaître bien des épreuves. Piètre détective privé, il travaille pour le gros Gilles, patron de l'agence parisienne Déclic. Chargé de filer un mari soupçonné d'infidélité et de ramener des photos compromettantes, il le suit en voiture sur l'autoroute A7. Ses ennuis commencent lors d'un arrêt à une station service. Il accepte de prendre en stop Fabienne, une jeune femme grosse et laide. La filature reprend pour s'achever dans un hôtel de Romans où le couple passe la nuit. Philippe découvre bientôt un cadavre et le matin, Fabienne est kidnappée. Il se lance à la poursuite des ravisseurs.
Parodie et hommage aux privés américains ? Il y a des deux dans cette enquête rocambolesque, entrecoupée de digressions et de délires d'écriture. Jusqu'au prénom du narrateur, qui porte le même que celui de Marlowe, le héros de Chandler. --Claude Mesplède
--Ce texte fait référence à l'édition
Broché
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Si le genre polar na pas pour ambition première de faire rire à gorge déployée, ce nest pas pour autant quil manque dhumour. Répliques cinglantes et bien portées qui perlent le propos, attitudes ou ton parfois tout simplement naïf dont il use comme dans
Fantasia chez les ploucs de Charles Williams, le polar sait se jouer dune gamme subtile de dérisions. Entre un sourire acide et un rire dont la naissance est aussi soudaine que son rengorgement prompt, Philippe Jaenada choisit de cultiver dans
La grande à bouche molle une veine qui allie la parodie du genre à labsurde, dans la lignée d
Un privé à Babylone de Richard Brautigan.
Son héros éponyme, Philippe Jaenada, est un détective privé
raté. Son activité se borne trop souvent à suivre des époux ou épouses infidèles, et notre enquêteur doute que ces tromperies, toutes immorales ou lâches quelles puissent paraître, soient véritablement condamnables
il va même parfois jusquà leur trouver des justifications. Ecartelé par ces considérations, il se retrouve un beau jour sur lautoroute du sud, en chasse dun homme quil sait adultère, mais quil ne parvient à dénoncer à son boss, le gros Gilles, patron de l'agence parisienne Déclic pour laquelle il travaille. Débute alors un périple en forme de road-movie fantasmatique. Car sur une aire dautoroute, notre gentleman détective a pris en stop une femme un peu exubérante, quil voit - après une nuit dhôtel fort chaste et la découverte dun cadavre - se faire kidnapper. De digressions métaphysiques en actes «héroïques», Philippe Jaenada ne parviendra pas à une résolution de lénigme sinon celle de connaître la cohérence qui maintient sa propre existence.
Malgré les cadavres qui rythment le livre,
La grande à bouche molle nest ni un thriller, ni vraiment un polar, mais un journal intime qui mélange le passé et le présent, qui digresse et déambule entre le quotidien et le singulier, et qui jamais nennuie. Philippe Jaenada, personnage fictif, candide et un soupçon orgueilleux, est aussi convaincant dans sa déroute que Philippe Jaenada, auteur, est extraordinaire pour lécrire. Chacune de ses phrases est une véritable boite aux trésors qui regorgent de mille et une histoires, aussi drôles que cocasses, dérisoires que fondamentales
Décidément
La grande à bouche molle est une lecture qui fait du bien, aux maxillaires et à lentendement. Une prescription, donc, à établir en toutes occasions. --
Sylvaine Jeminet
--Ce texte fait référence à l'édition
Broché
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