Sur la sorcellerie et les "chasses aux sorcières" (elles apparaissent et se répandent comme des épidémies) j'ai lu une dizaine d'ouvrages et je ne sais combien d'articles avant d'aborder celui de Brian. P. Levack.
Il m'a offert d'abord une synthèse de ce vaste et long phénomène qui touche toute l'Europe pendant plusieurs centaines d'années, mais pas de manière homogène. Chaque époque, chaque pays, y mit de son génie propre en fonction du contexte économique, culturel et politique. Sous ce premier aspect je suis reconnaissant à l'auteur d'avoir identifié les variables influant sur la conception et la répression de la sorcellerie.
Novateur, son "concept cumulatif" de la sorcellerie m'a paru lumineux. Il met en rapport systémique 1)les croyances populaires, 2) les théories démonologiques des clercs, et 3) la procédure judiciaire. Cette dernière, moulinant 1) et 2) fabrique de la sorcière avec le recours indispensable à la torture.
Enfin, j'y ai trouvé ce que je cherchai: le christianisme orthodoxe n' a guère pourchassé ses sorcière "par incapacité à développer la même vision démonologique du monde que celle de l'Eglise Latine." (p. 210).
L'Europe Latine championne de la persécution ?