Ce livre est frustrant. Indispensable certes pour les gourmands passionnés d'histoire mais frustrant.
Pour commencer, on peut regretter l'iconographie plutôt parcimonieuse. On peut aussi ne pas adhérer au style un peu "pâteux" ni à l'aspect mécanique de chaque partie (les innovations, les livres, les hommes, les recettes etc. répétés de chapitre en chapitre). Néanmoins, comment s'en passer ?
En effet, une telle entreprise (raconter l'histoire de la pâtisserie et de la confiserie françaises) était inédite depuis plus d'un siècle et malgré ses défauts, elle restait donc indispensable. Mêlant leurs connaissances et leur passion de la transmission du savoir, S.G. Sender (qui posséda une extraordinaire bibliothèque de livres de cuisine anciens) et M. Derrien (qui fonda et dirigea l'Ecole Lenôtre), deux grands maîtres pâtissiers, ont écrit un livre de référence.
Certaines erreurs factuelles sont donc d'autant plus regrettables : les auteurs corrigent des "légendes" pâtissières... tout en en accréditant d'autres : contrairement à leurs dires, les meringues n'ont pas été inventées à Mehringen en 1720 (on en trouvait déjà, et sous ce nom de "meringues", dans les livres de François Massialot au XVIIe siècle !). Des oublis curieux enfin : pas un mot sur l'origine de la tarte tatin ou de la crème brûlée pour ne citer que deux exemples flagrants.
La véritable histoire de la pâtisserie-confiserie française reste donc à écrire. En attendant, faute de mieux... Mais frustrant, donc !