Longtemps Trinquier a senti le souffre, étant quelque peu "compromis" comme on disait pudiquement dans les années soixante. Son manuel, réédité et travaillé à plusieurs reprises, reste une référence, d'emploi plus direct que Galula. J'ai découvert Trinquier aux Etats-Unis, en 1993, où il était présenté comme le maître à penser d'un style de guerre assez mineur, à l'époque appelé "low and mid-intensity conflicts" (MIC-LICs). Nous gagnerions à lire ce genre d'auteur sans préjugé. Après tout, Maspero publiait, dans les mêmes années, les oeuvres complètes d'Enver Hodja, et personne n'y trouvait à redire, alors que ce dictateur paranoïaque avait beaucoup plus à se reprocher et beaucoup moins à apporter qu'un colonel abandonné.