Quatrième de couverture
Malgré l'importance croissante de la dimension civile de l'espace, celui-ci reste le théâtre d'une compétition militaire acharnée entre les deux superpuissances : plus de 70 % des lancements effectués aujourd'hui sont à vocation militaire et les budgets spatiaux militaires dépassent largement les investissements consentis dans le secteur civil. Le rôle essentiel des missions confiées aux systèmes spatiaux - reconnaissance et observation, renseignement électronique, alerte avancée, navigation - pose le problème de la vulnérabilité des satellites, devenus des cibles par excellence pour les frappes adverses. Les systèmes d'armes anti-satellites (ASAT) ont fait leur apparition précisément dans le but de détruire ces centres nerveux du dispositif militaire de l'adversaire. Le développement des ASAT introduit une incertitude majeure dans l'équation stratégique entre les deux Grands et n'est pas non plus sans entraîner des conséquences pour les autres utilisateurs de l'espace. Quelle est la nature de la menace antisatellite ? Qui, de l'URSS ou des Etats-Unis, a aujourd'hui l'avantage dans ce domaine ? Les règles actuelles du droit de l'espace sont-elles adaptées au défi ASAT ? Peut-on instaurer un régime international susceptible de garantir la sécurité des installations spatiales ? Le présent rapport, élaboré par l'IFRI pour l'Institut des Nations Unies pour la recherche sur le désarmement dans le cadre d'un groupe de travail réunissant les meilleurs experts français de l'espace, tente de répondre à cette série de questions.