Comment accorder du crédit à un auteur qui balaye dans une note méprisante l'ensemble du travail d'un intellectuel (Alain Finkielkraut, qu'il n'a pas lu de toute évidence, comme beaucoup) en laissant entendre que "ses oeuvres complètes" (p.34) se réduisent à une critique de l'individu contemporain hyperconsommateur ?!?!
Comment prendre au sérieux un soi-disant philosophe qui, dès l'introduction de son petit livre, proclame qu'il n'a "rien à discuter" (p.8) avec ceux qui selon lui (et la démonstration laisse grandement à désirer) haïssent la démocratie ?
Comment prendre au sérieux un auteur qui a une vision essentiellement binaire de tout phénomène ?
J. Rancière utilise explicitement une cinquantaine de fois (en 106 pages !) les mots "deux" et "double" : double aspect, double effet, double ressort, double fond, double opération, double métamorphose, double domination, etc.
Et quand il estime à "plusieurs" les explications d'une chose, il n'en voit en fait... que deux.
Ce, sans compter les dualismes implicites !
J. Rancière, parangon de l'universitaire hexagonal, est l'heureux prisonnier d'une appréhension essentiellement blanc/noir de tout. Il ne voit que son camp et L'AUTRE camp (dont il a terriblement besoin pour se sentir écrire).
Rancière ou la haine du tiers...