Voilà longtemps qu'on n'avait pas retrouvé l'inspecteur Wallander ...
Certes on avait pu explorer d'autres facettes du talent de Henning Mankell avec son roman social : Tea-Bag (dont on parlait ici début 2007).
Ainsi qu'un excellent polar, Le retour du professeur de danse, qui inaugurait bien du renouveau du polar Mankellien sans Wallander.
Avec La lionne blanche, (qui date de 1993 et qui n'est sorti en français qu'en 2004), nous revoici donc aux côtés de Kurt Wallander toujours en proie à une famille chaotique (le père, la fille, ...), reflet de la déconfiture de la société suédoise, à moins que ce ne soit l'inverse.
Mais l'on sait aussi qu'Henning Mankell partage sa vie avec l'Afrique du Sud et La lionne blanche mêle habilement les histoires des deux pays.
Le meurtre de la suédoise Louise Akerblom n'est donc qu'une ramification nordique d'un complot politique qui prend sa source dans l'histoire tourmentée de l'Afrique du Sud et de ses haines raciales. Et ce volet de l'intrigue permet à Henning Mankell de nous rappeler ou de nous expliquer beaucoup de choses sur la situation du pays de l'apartheid.
Un écho au livre de Deon Meyer, L'âme du chasseur, lu récemment. Mais la comparaison s'arrête là car, bien évidemment, Meyer n'arrive pas à la cheville de Mankell.
Au fil des pages toutefois, ce roman de Mankell déçoit et le maître nordique nous avait habitué à mieux, beaucoup mieux. Le complot est assez peu vraisemblable et l'inspecteur Wallander est ici pas franchement crédible.
Cet épisode sera donc réservé aux inconditionnels de Mankell ou à ceux qui veulent explorer les frontières entre Suède et Afrique.