Vendredi soir, l'éditeur Robert Dubois, s'apprête à rentrer chez lui avec une pile de manuscrits à lire, comme il en a l'habitude. Une jeune stagiaire vient lui apporter une liseuse numérique et lui en explique tous les avantages. Il va apprivoiser la machine, et avec son équipe de stagiaires (on ne le dit jamais assez, explique-t-il, ce sont les stagiaires qui font tourner l'édition), va imaginer une nouvelle façon de créer et de faire entrer la littérature chez les gens par le biais de ces liseuses.
(Sauf que la liseuse décrite dans l'ouvrage n'en est pas une, c'est une tablette Ipad, rien à voir côté technique et fonctions avec le Kindle ou équivalent dans une autre marque, qui lui est une vraie liseuse! Bref...)
Certains ont pu trouver qu'on apprenait plein de choses sur le petit monde éditorial : si vous êtes à mille lieues, oui, si vous êtes gros lecteurs ou familiers de la chaîne du livre, honnêtement, non. On sait déjà tout cela.
Mais ça reste sympathique, rapide et facile à lire et surtout, ce que j'ai aimé, c'est que le vieil éditeur « à l'ancienne » (l'auteur ?) donne l'impression de vraiment s'amuser, avec les petits jeunes et leur projet commun. Il y a une bonne humeur et un humour savamment distillé dans cet ouvrage, rien de grincheux, au contraire, c'est vif et alerte. Avec les petites piques nécessaires, avec une fin touchante et juste.
Quant à la forme choisie, roman écrit sous forme de sextine (l'auteur explique le fonctionnement à la fin de l'ouvrage), cela ajoute à la contrainte de l'écriture et intéresse après coup, mais reste imperceptible à la lecture pour qui n'est pas spécialiste de littérature. C'est là tout l'art aussi de la réflexion, écriture, littérature ou gazole et camions qui vont si vite de l'imprimeur au pilon...