La littérature nazie en Amérique est un prodige d'imagination, Bolano arrive à créer un monde avec des effets de miroir pleins d'ironie. L'ensemble est assez austère au premier abord, mais on peut être sensible à l'humour qui s'en dégage et qui "travaille" son lecteur page après page. De manière sous-jacente se pose la question toujours irrésolue : qu'est-ce qui fait la littérature ? qu'est-ce qui rend un écrivain bon ou mauvais ? Question d'autant plus dérangeante que Bolano ne cesse de convoquer des scènes de la mauvaise littérature, de ce qui poisse (poésie trop lyrique, images macabres, science fiction de pacotille...), sans parler du titre pour le moins culotté.