Il n'y a plus d'espoir...
L'univers de Di Rollo est en effet d'une terrible noirceur. Le livre est dur, mais pas plus que certains thrillers d'épouvante qui décrivent avec moults détails les tortures infligées aux victimes de serial killers (ou de séries policières télévisées tournant autour des autopsies...). Di Rollo y fait d'ailleurs allusion au cours de son roman : on a tous des vides en nous à remplir, et on n'y plante pas toujours des fleurs.
La différence avec un livre noir, c'est qu'en général tout y est pourri, sauf les individus (plus particulièrement les enfants, jeunes filles, femmes en détresse, etc...). Chez Di Rollo, il n'y a rien à sauver, le monde est pourri, le système (et ses différents composants) est pourri, et c'est irrémédiable, sauf à s'en remettre au spirituel (ou à la vengeance de la nature ?). C'est glauque, le message est ambigu, on sent confusément derrière le propos l'annonce (l'espoir ?) de l'anéantissement de l'humain. On peut ne pas adhérer au message (encore heureux), mais ce serait de la mauvaise foi que de prétendre que l'auteur n'a pas de talent. Il en a le bougre. Le récit est court, ce qui le rend d'autant plus abordable qu'il est très bien écrit.
J'en déconseille toutefois la lecture aux esprits fragiles.