Un seul conseil à vous qui allez ouvrir La Mémoire des murs : Ménagez vous deux à trois heures de liberté pour vous consacrer à cette pierre précieuse ! Coupez votre portable, déconnectez vous de facebook, isolez vous ! Car vos amis ou vos proches ne comprendraient pas cette asociabilité soudaine qui vous frappe ce jour-là. Prévoyez également un peu de temps pour récupérer, car vous sortirez à bout de souffle de cette expérience.
Pascaline Malon, informaticienne de quarante ans, a décidé de donner un nouvel élan à sa vie de femme divorcée. Elle loue un deux-pièces calme et clair. Le souvenir de Fréderic, son ancien mari, est encore très présent, mais Pascaline est une battante et semble décidée à tourner la page.
Mais très rapidement, elle ressent des ondes négatives dans cet appartement. Elle apprend qu'un crime odieux a été commis par un serial killer dans cette chambre qui est maintenant la sienne. Pascaline est traumatisée par ce drame. Elle recherche des informations sur ce tueur en série, sur Anna, la victime, et sur toutes celles qui ont subi, ensuite, le même sort qu'elle. Peu à peu sa vie bascule. Une blessure secrète resurgit. Pascaline n'écoute plus ceux qui souhaitent l'aider, elle se coupe progressivement du monde.
Ce roman, écrit à la première personne, nous plonge au plus profond des secrets de cette héroïne qu'on aimerait tant protéger. Et on assiste, impuissant, à cette ronde frénetique dans laquelle Pascaline se lance à corps perdu. Les petites lumières s'éteignent les unes après les autres. N'y a-t-il d'autre issue que cette nuit noire qui progressivement l'ensevelit ?
Comme dans tous les romans de Tatiana de Rosnay, il est des scènes qui resteront à jamais gravées dans votre mémoire : ce plafond sous lequel Pascaline s'abandonne, malgré elle, à un amant qu'elle ne désire pas ; la soirée où Fréderic regarde un match de football à la télé, tandis que Pascaline préfère aller au cinéma ; cette marche autour de la prison de la santé, où l'héroïne trace une frontière invisible entre le criminel et ceux qu'elle aime '
La Mémoire des murs est un diamant noir : il est magnifique et tranchant comme le diamant; noir comme l'obsession, le viol, le crime, la folie et la mort.
A ceux qui pensaient que les murs n'ont que des oreilles, Tatiana de Rosnay démontre de la plus belle façon qui soit, qu'ils ont aussi une mémoire (avec la souriante complicité de Koryfée).
GJ