Gregor Samsa, employé sans tache, se réveille un jour dans la peau d'un cancrelat. Suscitant effroi, répugnance, incompréhension de sa famille chez qui il habite, il ne peut que rester reclus dans sa chambre. Sa première impulsion, pourtant, est d'aller travailler -réflexe coupable de l'employé modèle qu'il incarne. En fait, Gregor est une victime: victime du carcan social et familial, victime de sa passivité; le monde extérieur est une menace hostile et permanente dont il n'arrivera jamais à se libérer. Sa physionomie d'insecte est la métaphore parfaite de ce qu'il représente pour son entourage: gênant, insignifiant, c'est un parasite dont on aimerait bien se débarrasser.
Culpabilité, ostracisme, pesanteurs sociales, satire familiale: telles sont d'ailleurs quelqu'uns des thèmes (qui peuvent faire l'objet de différentes interprétations) de cette courte fable surnaturelle qui fonctionne sur le mode du grotesque et de la dérision. La fin, particulièrement cruelle, laisse une sensation mêlée de tristesse et de révolte.
Le roman idéal, paraît-il, pour aborder l'oeuvre de Kafka.