"Le castel est là depuis quatre vingt dix ans, et dans quatre vingt dix ans il pourrait bien y être encore..." (extrait de l'introduction du film avant générique).
J'ai découvert ce film bien tard, il y a seulement quelques années et je l'ai fait sous l'influence du feu magazine "Fantastika". Et quelle claque pour le cinéphil que je suis, quel exemple à montrer dans les écoles de cinéma.
Qui a vu "la maison du diable" ne peut avoir oublié ces vertigineux escaliers tournoyants et branlants avec leur bruit métallique inquiétant, cette présence toujours redoutée et entendue mais jamais vu, ou encore la porte "vivante" qui respire avec un souffle d'une profondeure si noire, ces poignées qui tournent sur elles mêmes toute seule sans présence apparente mais...qui sait? Allez savoir ce qui se cache derrière la porte. Et que dire de la présence imposante et lugubre de la demeure au milieu de la nuit. Comment ne pas frémir lorsque raisonnent dans notre mémoire les sons étranges de ce...quelque chose de machiavéliquement bestiale...,de ces bruits, rires et pleurs, et autres voix incompréhensibles mais terrifiantes?
Un noir et blanc fantastiquement sublime, un générique extraordinairement inqiuétant, nul doute un chef d'oeuvre dans le genre pour le peu qu'un générique puisse être un chef d'oeuvre, d'excellents acteurs, une histoire terrifiante, vraiment terrifiante, un jeu de caméra digne de Hitchcock, il n'y a tout le long de ce film que de la suggestion brillamant mis en valeur.
Le mystère de l'existence ou non des fantômes, de leur "être", de leur "essence", de leur présence, ce mystère imperceptible mais si présent (qui n'a pas été fasciné enfant ou ado par le mystère de l'inconnu et de l'au-delà?) hante notre écran tout le long de ce chef d'oeuvre qui demeure absolument inégalé dans le genre. Bien loin du "Poltergeist" de Spielberg au moult effets spéciaux totalement absent ici, mais bien plus proche de "Shinning", seul oeuvre pouvant rivalisée avec "la maison du diable", je déconseil vivement ceux qui pourrait le découvrir de se laissé abuser par "Hanté", le pathétique re-make qui en fut fait il y a quelques années, bardé d'effets spéciaux qui commettent le double meurtre sacrilège de tuer l'atmosphère et l'ambiance. Et que dire des acteurs qui n'arrivent pas à distiller la crainte des lieux ressentis par leur personnage (je donnerai une mention spéciale à Clair Bloom pour la version originale bien sûr). Ignorez le re-make, n'est pas Walsh brillant touche à tout qui veut. Plongez dans cette antre infernal de l'enfer.