Après Les Piliers de la Terre (5 étoiles) qui se déroulait à l'époque médiévale, Ken Follett dépeint cette fois l'Angleterre victorienne (dix-neuvième siècle) à travers les machinations et les secrets de familles fascinées par le pouvoir et l'argent. Héritiers de grandes banques, ambassadeurs de pays lointains, fils débauchés, cousins démunis, épouses manipulatrices et roturières en quête de respectabilité, pauvres en haillons ou princes de Galles, aucun caractère ne manque dans cette fresque colorée. Au coeur de la cité de Londres bouleversée par la révolution industrielle et dans laquelle la pauvreté du prolétariat s'oppose à la richesse d'une bourgeoisie opulente, les crimes restent souvent impunis. Mais Follet a le sens de la tragédie morale et, au fil du temps et des chapitres, le bon grain finira par se séparer de l'ivraie en faisant finalement éclater la vérité. En partant d'un fait divers plutôt banal, l'auteur construit une véritable saga où le matérialisme s'oppose continuellement au romantisme, une lutte qui en fin de compte est la véritable clé du roman. La marque de Windfield est un livre qui décrit à merveille la société d'une époque historique charnière et ambiguë dont Charles Dickens fut l'un des principaux chantres.