"La mission du commandant Lex - Springfield Rifle" est un western américain de André De Toth (1952-1h32) / Scénario : Charles Marquis Warren, Frank David et Sloan Nibley (histoire)/ Photo : Edwin Du Par (filmé en Warnercolor). / Musique : Max Steiner.
Casting : Gary Cooper (Alex 'Lex' Kearney), Phyllis Thaxter (Erin Kearney), David Brian (Austin McCool), Paul Kelly (Lt. Col John Hudson 'Ft. Hedley CO`), Lon Chaney Jr. (Pete Elm, leader des aventuriers non armés), Philip Carey (Capt. Edward Tennick), James Millican (Matthew Quint), Guinn `Big Boy' Williams (Sgt. Snow), Alan Hale Jr. (Mizzell)...
Synopsis : Pendant la guerre de Sécession, l'armée nordiste achète beaucoup de chevaux car les batailles sont meurtrières pour les hommes et pour les bêtes. Les montures sont négociées, payées et regroupées en convois pour les acheminer. Chaque convoi, malgré les précautions prisent, sont systématiquement attaqués par des pillards. Le commandant Lex, chargé d'un convoi, est accusé par le capitaine Edward Tennick d'avoir abandonné son convoi sans combattre. Il est jugé et chassé de l'armée...
"Springfield Rifle" est un étrange western qu'André De Toth met en scène. Il joue sur les apparences pour adroitement combiner des genres qui sont en général très voisins et couramment utilisés ensemble tels que guerre, espionnage et contre-espionnage mais dans un western, c'est suffisamment rare pour que je n`en trouve pas trace dans mes souvenirs. Sloan Nibley est un auteur et scénariste assez productif, il trouve des idées originales mais surtout pour la télévision, il fournit ici un bon scénario dont l'originalité procure au réalisateur l'occasion de sortir des innombrables et répétitifs sujets habituels de la série B.
Gary Cooper (1901-1961) était l'un des acteurs les moins prévoyants d'Hollywood. Après chaque groupe de films tourné, car il tourne presque toujours plusieurs films en quelques mois, il s'arrête un peu, dépense beaucoup et ruine sa santé en alcool, fumée et, au risque de choquer les dames, il abuse aussi un peu trop des plaisirs qu'elles lui donnent. Il faut dire, pour sa défense qu'il plait énormément et qu'il a peu de volonté. C'est un homme charmant plein de qualités d'homme et d'acteur.
Doté d'un bon coup de crayon, c'était le dessin qui l'attirait le plus mais, la réussite n'étant pas au rendez-vous, il s'est laissé « embarquer » dans des petits rôles de cow-boys avant de trouver le succès. Succès en partie dû à ses partenaires qui lui mettent, normal pour un cavalier, le pied à l'étrier. Quelques modestes réussites avant de tourner dans "
Morocco - Coeurs brûlés" avec Marlène Dietrich et d'enchainer avec "
L'adieu aux armes" et surtout "
Les Trois Lanciers du Bengale - lives of a bengal lancer" qui l'imposent définitivement.
Edwin Du Par, le directeur photo, met son talent au service d'André De Toth pour l'aider à fignoler les images de larges panoramiques qui embrassent l'horizon et ses paysages grandioses. Dans ce western De Toth fait preuve d'une grande efficacité prouvant ainsi que la série B nous offrent souvent des films d'une belle tenue. C'est un ingénieux réalisateur qui, avec peu de moyen nous concocte des films avec une belle maîtrise du cinéma d'action. Proche du style de Budd Boetticher et l'égalant sur certains films ils partageront tous les deux le même engouement pour l'acteur Randolph Scott. André De Toth (1912-2002) va nous laisser, comme témoignage de ces indéniables qualités, quelques bons films : "
La Rivière de nos amours", "
La chevauchée des bannis" etc. Il réalisera une quarantaine de films, dont onze westerns et beaucoup de téléfilms en fin de carrière. Le musicien, Max Steiner, est pleinement associé à la réussite de ce western.
Conclusion : Un réalisateur très habile qui a souvent eu des idées novatrices. Ce western en est un des plus beaux exemples.