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La mort du lieutenant Péguy : 5 septembre 1914 Broché – 9 janvier 2014


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Extrait

L'Y DE VILLEROY

Premier de la ligne, le chef de section, un lieutenant, est tombé à sa place réglementaire, alors qu'il menait ses hommes à l'attaque. C'est un petit homme d'apparence chétive à côté de son voisin au type de colosse. Il est couché sur le ventre, le bras gauche replié sur sa tête. Ses traits, que je vois de profil, sont fins et réguliers, encadrée d'une barbe broussailleuse teintée de blond, mais paraissant grisâtre du fait de la poussière, car il est jeune encore, trente-cinq à quarante ans tout au plus. L'expression de son visage est d'un calme infini. Lui aussi paraît plongé dans un profond sommeil. A son annulaire gauche, une alliance. Je me penche sur la plaque d'identité : Péguy. Il s'appelait Péguy. Ce nom qui m'est pourtant bien connu ne me dit rien à ce moment, absolument rien, car je suis à mille lieues par la pensée des Cahiers de la Quinzaine, du poète de Jeanne d'Arc et de toute littérature. Avant de partir, je repère toutefois sur la carte le point où est tombé ce camarade inconnu, le premier que je rencontre sur un champ de bataille. C'est très sensiblement celui que l'on voit marqué par la queue de l'y du mot Villeroy.

Ainsi se souviendra le capitaine d'état-major Henry Dufreste venu en automobile, au soleil levant du dimanche 6 septembre 1914, au tout début de la bataille de la Marne, reconnaître les effets du combat de la veille, là-bas, à trente kilomètres de Paris, juste au nord-ouest de Meaux, à l'avant du village de Villeroy et au vu des hauteurs de Montyon et de Penchard, tenues par un ennemi invisible et d'une surprenante puissance de feu. Le samedi 5 en fin d'après-midi, les hommes de la 19e compagnie du 276e d'infanterie ont été «foudroyés», dit-il, par «les épaisses rafales de balles» des Allemands embusqués. Ils gisent là, sur la terre encore chaude, pantalon garance et capote bleue, au milieu des «betteraves d'au moins trente centimètres en partie fauchées», dont la pulpe «fait tache blanche sur la verdure», pas loin des avoines piétinées : premiers tombés de l'immense bataille du tout pour le tout, bientôt «victoire» et même «miracle» de la Marne. Ces hommes du 276e RI de Coulommiers, des Briards mêlés aux Parisiens, ont été fauchés avec leurs officiers, dont Charles Péguy, vers 17 h 30. Tous impuissants encore à forcer l'ennemi, abandonnant leurs tués. Mais les survivants ont revu les corps des camarades en remontant à l'assaut vers Montyon et Barcy ce matin-là du 6, bien avant l'arrivée du capitaine.
On pourrait discuter le témoignage de Dufreste, sur l'emplacement du mort à «la queue de l'y de Villeroy», ou sur l'air de jeunesse du lieutenant. Mais qu'importe ! Il nous dit l'essentiel, qui nous paraît à peu près incompréhensible aujourd'hui : ce Péguy est tombé debout, à sa place d'officier ; «tué à l'ennemi» parmi tant d'autres, le visage «d'un calme infini». Dès le 17 septembre dans L'Écho de Paris, Maurice Barrés va l'héroïser en prophétisant : «Le voilà sacré. Ce mort est un guide, ce mort continuera plus que jamais d'agir, ce mort plus qu'aucun est aujourd'hui vivant.» Désormais «ferment», il «convoque les générations». Et d'autant mieux, dira bien plus tard Alain Finkielkraut, que «dans son champ de betteraves, le voilà intouchable», lui qui n'avait jamais été qu'un gêneur et un méconnu. L'un et l'autre ne croyaient pas si bien dire.

Revue de presse

C'est à cette mort, à ce que l'on n'ose appeler ses préparatifs, à ses circonstances et à son écho durable (il résonne encore aujourd'hui dans la geste de la Grande Guerre et les consciences poétiques) qu'est consacré le beau livre, précis et inspiré, de notre ami l'historien Jean-Pierre Rioux...
Il va combattre pour «la République, une et indivisible, notre royaume de France». Cette fusion mystique de la France d'avant et de celle d'après, cette assimilation qui lui avait fait crier, dans un même souffle, «Mont­joie Saint-Denis et vive la République !», cela contribuerait grandement aux récupérations antagonistes de la mémoire et du message de Péguy, après la Grande Guerre et durant la Seconde. Une partie des gauches s'inspirera du rebelle, du dreyfusard, du pourfendeur du «monde moderne», matérialiste et individualiste. Une partie de la droite y lira une leçon de nationalisme. L'hommage ambigu au lieutenant Péguy, les «récupérations», notamment par Vichy et la Révolution nationale, Jean-Pierre Rioux en suit les traces innombrables dans la presse, de 1914 à nos jours, de Barrès à Finkielkraut. Il en montre le poids en quiproquos, en interprétations simplistes et, aujourd'hui, en négligence, car si Péguy demeure dans nos mémoires, qu'en est-il de nos lectures ? (Bruno Frappat - La Croix du 15 janvier 2014)


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Détails sur le produit

  • Broché: 270 pages
  • Editeur : Editions Tallandier (9 janvier 2014)
  • Collection : CONTEMPO.
  • Langue : Français
  • ISBN-13: 979-1021004313
  • ASIN: B00EU77CHI
  • Dimensions du produit: 21,5 x 2 x 14,5 cm
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5 internautes sur 5 ont trouvé ce commentaire utile  Par Hubert Meunier TOP 500 COMMENTATEURS le 28 septembre 2014
Format: Format Kindle Achat vérifié
Le 5 septembre 1914, l'écrivain Charles Péguy tombe à la tête de ses hommes, tué sur le coup d'une balle en pleine tête. "Tirez ! Tirez nom de Dieu !" auraient été ses derniers mots...
L'excellent livre de Jean-Pierre Rioux nous permet d'abord de revivre les dernières semaines de Péguy. Une sorte de "tournée d'adieux" diligente et méthodiquement organisée dans le Paris effervescent d'août 1914. J-P. Rioux nous fait vivre ensuite les journées de marches forcées et les premiers combats de la fin de l'été jusqu'à la date fatidique des combats de Villeroy où Péguy sera "tué à l'ennemi", la veille de la Marne (!). Une mort le faisant entrer dans la légende par l'absence totale de décalage entre le geste et la parole. Enfin, la dernière partie du livre évoque la mémoire de Péguy : l'entre-deux-guerres, la récupération tentée par Vichy, l'après-guerre et jusqu'à nos jours ; ce que chaque époque a retenu de Péguy et comment elle l'a commémoré.
Formidable ouvrage, fort bien écrit et, surtout, un personnage qui demeure inclassable à tout jamais.
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Format: Broché Achat vérifié
Ces étoiles, le lieutenant Péguy et tous ceux qui "meurent au champ d'honneur", "pour la France" les ont bien méritées. L'auteur aussi qui ne s'étale pas sur le titre de son livre, mais situe cet évènement dans le contexte du personnage national qu'est Péguy, dans l'avant et l'après l'action.
C'est justement ce que j'ai aimé dans ce livre: l'état d'esprit de celui qui part au front avec zèle, rempli d'espérance et qui donne l'exemple du don de soi quand on est convaincu du bien-fondé de ce qu'on entreprend.
Merci à tous ces "braves" de tous les temps, d'aujourd'hui et de demain, qui croient à ce qu'ils vivent et nous ouvrent la voie. NMP
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1 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile  Par chatsm77 le 1 juin 2014
Format: Broché Achat vérifié
Livre excellent ; sur la vie de Charles Péguy . Drame de la 1ére guerre mondiale ; malheureusement mort pour la France , comme des millions de combattants .
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1 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile  Par Bob 38 le 1 mai 2014
Format: Broché
Un bouquin éclairant ,parfois difficile,savant et d'une superbe écriture....Que reste t'il de Péguy aujourd'hui ,cent ans après sa mort? Pas grand chose en vérité ....Bien sûr,il y a sa mort glorieuse ,tellement en accord avec ses idées,debout,face à l'ennemi ,à la tête de ses hommes....Cette mort qui en fait un héros et contribue au mythe.Mais en réalité ...il est mort comme un con! Pour rien! "Attaquons ,attaquons ...comme la lune !" Enseignait Lanrezac à l'école de guerre.Dommage qu'il n'ait pas été entendu cela aurait évité des dizaines de milliers de mort comme ce 22 août 1914, jour le plus meurtrier de l'histoire de France ou 27 000 soldats français ont perdu la vie...8 fois plus qu'à Waterloo ! Et lui, Péguy ,en pantalon garance et képi rouge ,debout,sabre à la main dans un champ de betteraves,un champ de tir,à t'on envie de dire!, face aux mitrailleuses allemandes....Comme si la vertu pouvait l'emporter sur le feu! Et que reste t'il de sa pensée? Encore moins! D'ailleurs quelle pensée :de celui qui est passé de l'anticléricalisme au catholicisme le plus fervent, du dreyfusard de sa jeunesse au patriote anti-allemand de l'âge mur?Sa pensée à d'ailleurs été reprise par tout le monde et en tout sens: dans la résistance,comme dans la France de Vichy,une pensée ou tout le monde trouve à boire et à manger,une pensée " auberge espagnole" n'en déplaise aux intellectuels chrétiens...alors ...Lire la suite ›
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