L'auteur en 1972 (mort en 1980) décide une dernière fois de retrouver le jeune lieutenant qu'il était en 1914. Il nous fait découvrir à travers son récit, les sentiments qu'il a ressenti lors de ses trois blessures au combat.
Cette mort qui l'a « taquiné » trois fois :
Une balle qui s'arrête juste avant de perforer son ventre.
Un obus qui explose presque à ses pieds, et qui tue le groupe de ses amis en le laissant commotionné mais indemne.
Les trois balles explosives dans son corps qui le blessent grièvement et le réforment après une longue convalescence.
L'auteur n'aura connu qu'un an de guerre mais dans son récit ce n'est pas le côté guerrier qui est mis au premier plan mais le magnifique humanisme de cet auteur incomparable. Une longue vie a été nécessaire pour faire le deuil de ses amis tombés à ses côtés. Cette mort qu'il a côtoyé pendant un an au quotidien, ne lui fait plus peur maintenant.
C'est sereinement qu'il l'attend.
J'ai rarement lu des pages aussi « belles » sur cette guerre. Pourtant ce récit est écrit comme un reportage de guerre, il va à l'essentiel avec cependant des digressions et des réflexions qui touchent l'âme et l'esprit du lecteur. Au fil des pages, l'auteur se pose souvent la question : pourquoi suis-je toujours en vie alors que tant d'autres sont morts ? Il a ressenti toute sa vie un sentiment de culpabilité.
Page 56 : « la mort des autres me laisse vivant. Il faut s'habituer d'avantage. »
Un court récit qui sort de l'oubli des hommes (certains presque des enfants) qui sont morts dans une guerre qui s'éloigne dans le temps et qui indiffère les plus jeunes. Pourtant 1914 sur une ligne du Temps c'est hier !