Lorsque j'ai vu que cette édition était promue par "Le Monde Diplomatique", j'ai craint le pire, comme une nouvelle ineptie à la André Gunder Frank pour qui la révolution industrielle n'a pas existé et n'est qu'une pure invention ethnocentrique de l'Occident.
Il n'en est rien dans le livre de Bayly qui le premier offre un panorama du mouvement des Lumières qui commence au XIII° siècle dans les républiques italiennes. Dans tous les pays du monde, le débat sur la République et le rôle des vertus civiques pour constituer "le meilleur régime" au sens socratique du terme, a eu lieu. Avec des différences temporalles importantes: l'Italie de la Renaissance traduit Aristore au XIV° siècle, tandis que la Chine ne le fera qu'au XIX°. Mais partout la rencontre des valeurs traditioànnelles et des valeurs civiques du républicanisme moderne permettront aux cicilisations traditionnelles de se remettre en cause et d'évoluer.
Ce livre ne contribue nullement - ce qui serait stupide puisque c'est un fait - à démontrer que la supériorité de la civilisation de l'Europe occidentale a permis l'essor économique et industriel qui se dessine très clairement au XVIII° siècle, dans la foulée de l'essor de la philosophie politique de la Renaissance, mais à montrer que la supériorité des nations de l'Europe occidentale a consisté en savoir faire converger l'ensemble des facteurs - sciences, institutions, politiques publiques - qui ont pemis l'essor de la technologie.
L'ouvrage est très bien écrit et truffé de références qui seront une source inépuisable pour le chercheur et tout simplement, pour l'amateur de beau livre d'histoire débarassé des gangrènes idéologiques.
A lire et à savourer, donc.