Cyrulnik s'interroge sur l'animalité de l'homme et nous donne beaucoup d'informations plutôt intéressantes pour essayer de trouver la place de l'homme dans le monde, c'est-à-dire la place de l'homme par rapport aux animaux, et en particulier comment le langage pourrait être le facteur différentiant. Non pas que les animaux soient incapables de comprendre ou d'utiliser un langage (l'auteur cite en particulier les exemples de singes éduqués dans une famille humaine, ayant pu apprendre à communiquer avec des langages dérivés de la langue des signes), mais les animaux ne seraient pas capables de se faire une représentation du monde complète, dont le signe révélateur serait leur incapacité à évoquer l'absent, c'est-à-dire d'une certaine façon à conceptualiser ?
Un bon résumé des recherches de Cyrulnik sur la psychologie de l'enfant, avec quelques interrogations fortes qui peuvent nous interpeler, mais manquant néanmoins un peu de structure, puisque l'auteur aborde tour à tour les thèmes du langage, de l'affectivité et de sa place dans la construction du rapport au monde (lien entre la connaissance et l'affection, l'auteur affirmant qu'il est impossible d'apprendre ce qui fait de nous des humains (langage, stature debout, "pointer du doigt"...) sans être entouré d'affection), de l'inné et de l'acquis, fait un détour par l'inceste... Parfois un peu trop affirmatif, comme un professeur qui ne prendrait pas le temps de démontrer chacune des étapes de son raisonnement. Cette éthologie affirmative (éthologie à coups de marteau ?) nous empêche donc d'accompagner vraiment jusqu'au bout l'auteur dans ses thèses.