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Comment peut-on écrire un livre aussi bouleversant, aussi vrai ?
Lire la Nausée, c’est faire l’expérience vertigineuse du mal être. Pour aimer ce livre, et le comprendre, il faut avoir connu soi même le vertige de soi.
Etat de souffrance émotionnelle ? Non, ce n’est pas ça la Nausée. Plutôt la conscience de son existence. La conscience d’être… Dans ce livre, Sartre met en place ce qui sera son programme philosophique de l’Etre et le Néant. Il écrit aussi un ouvrage qui renvoie à une certaine vision de la philosophie. Connaître la Nausée, c’est accepter de perdre ses illusions sur le monde. Révolution copernicienne ? Pas loin, en tout cas quelque chose d’apparent.
Principe de laisser tomber le voile qui masque les choses. De regarder crûment le drame de l’existence. Son formidable drame qui fait de nous des Hommes.
On peut lire ce livre avec différentes émotions et volontés. L’ouvrage supporte une lecture psychanalytique, biographique, culturelle, émotionnelle.
Il faut se laisser emporter par le torrent délirant des mots de Roquentin pris dans la Nausée ; par sa description clinique et glaciale de la propre conscience de sa folie le gagnant ; par son désespoir mélancolique, sa perte de repères face à la Vie lorsqu’elle se découvre nue et vraie.
Je sais ce qu’est la Nausée, désormais, j’existe : la morale, non pas ; la constatation lucide et implacable, oui.
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