Ma première réaction après la vision de ce film fut : "qu'est-ce que Marlon BRANDO est venu faire dans cette galère?"
A signaler que l'action de cette co-production franco-américaine se déroule en France ( ce qui permet de voir certaines "gueules" du ciné hexagonale de l'époque comme Jacques MARIN et Gérard BUHR).
L'histoire est classique : une bande d'invidus kidnappe une fille de riche afin de recevoir une rançon. Puis après on suit les états d'âmes de chacun des ravisseurs.
Mais le problème c'est que rien n'est approfondi et tous les personnages ne sont que des caricatures : la gentille kidnappé innocente, le beau gosse qui a des remords , l'amante drogué, , le bon gars (meilleur ami du héros, évidemment!!) qui veut changer de vie et bien sûr le psychopathe de service, voilà tout y est!!
Le rythme du récit est d'une lenteur insoutenable, il ne se passe quasiment rien et l'on espère vainement quelque chose qui n'arrive finalement que dans le dernier 1/4 d'heure du long-mètrage mais d'une manière si peu crédible que finalement tout retombe à plat à cause d'une fin vraiment bizarre. Vous jugerez.
Mais LA NUIT DU LENDEMAIN est à voir, quand même, pour une chose : l'affrontement final.
Sur les bords d'une plage dans un crépuscule à la lumière presque irréel, on assiste à un règlement de compte original et envoutant. Brando y est magnifique et impitoyable. Ce n'est pas transcendant mais suffisament efficace pour marquer l'esprit.
Pourtant le film disposait d'un casting remarquable. Mais le problème c'est que Richard BOONE (LA LETTRE DU KREMLIN) en fait des caisses, Rita MORENO (la psy de OZ) passe son temps à pleurnicher, Al LETTIERI (GUET-APENS) fait de la figuration, Pamela FRANKILN est inexistante et Jess HAN (LES BARBOUZES) à l'air de s'emmerder.
Le seul à sauver c'est BRANDO (bien qu'affubler d'une coupe de cheveux de minet ridicule), il sauve littéralement le film du naufrage grace à son magnétisme toujours intact et à la qualité de son interprétation une fois de plus "hors-norme".
Et le gros problème c'est la réalisation plate et sans âme de Hubert CORNFIELD qui peine à installer un semblant d'atmosphère. A noter que pendant le tournage la relation entre lui et Brando fut tellement orageuse que l'acteur le vira du plateau et le film fut terminé par Richard BOONE. C'est dire l'ambiance sereine qui règnait. Ce qui explique sans doute "le pourquoi du comment" d'un tel ratage.
Tout ça sent bon le film-marketing basé uniquement sur le nom de BRANDO. Un peu comme Jerry LEWIS dans le pitoyable RETENEZ MOI... OU JE FAIS UN MALHEUR (1984) avec le pauvre Michel BLANC.
Le dvd possède un son et une image correcte avec pour seul bonus la bande-annonce.
Bref un thriller pénible, risible par moments et franchement dispensable.
A découvrir pour tous les fans de Brando désireux de connaitre sa filmographie complète.
A vous de voir.