Quand on y pense, ils ne sont pas si nombreux les romans mettant en scène un premier contact entre les humains et les extra-terrestres. Et dans la SF moderne, plus repliée sur l'Homme, ce n'est plus du tout à la mode. Reste ce livre, à la charnière de deux époques, avec la volonté de traiter du sujet ET avec un niveau de qualité caractéristique de l'amélioration littéraire de la SF.
Tout d'abord le background est impeccable puisqu'il réutilise celui développé par Jerry Pournelle pour son histoire du futur (CoDominium, n'y allez pas, tout seul Jerry Pournelle ne sait pas écrire de bons personnages). Le lecteur a donc l'impression agréable de rentrer dans un univers social, politique et scientifique cohérent. Nous nous situons donc au début du Second Empire de l'Homme ... le Premier ayant atteint des sommets de développements avant de s'effondrer. C'est d'ailleurs une volonté délibérée des auteurs que de ne pas produire un n-ième système politique corrompu du fait de sa trop longue existence mais de proposer les début d'une aristocratie/noblesse qui avant d'avoir des privilèges avait des devoirs.
Le réalisme technologique, qui pour moi est fondamental en SF puisqu'il permet de fixer des limites, est remarquable. En effet à part les inventions du moteur stellaire, du champ Langston et l'usage supposé de la fusion, les contraintes physiques sont bien comprises et utilisées.
Quant aux extra-terrestres, les Moties, je n'ai pas souvenir de livres ayant autant développé la biologie, la société ou la technologie d'une autre race. Tout ce background sera ensuite lentement distillé aux personnages humains à mesure que leur compréhension des Moties s'accroît. Lentement, car les Moties ont beaucoup de choses à cacher ... et heureusement les auteurs ne nous font pas le coup du point de vue opposé qui aurait gâché la surprise.
Vous trouverez donc dans ce livre de l'exploration, de la diplomatie, de l'infiltration, un peu de trahison et de l'amour même ! Vous y découvrirez l'Autre, et vous comprendrez, une fois de plus, que entre l'Homme et le Motie, il n'y a pas de Méchants ... même si de génocide on discutera :-(